Xavier Le Normand, souffleur de verre installé en Dordogne, participe jusqu’au 1er novembre 2026 à une exposition internationale à ciel ouvert à Venise. Il a créé un luminaire géant dans des tons de verts et de roses
Xavier Le Normand dans son atelier de Lanouaille, en Périgord vert, avec des œuvres qui ont inspiré son travail à Venise © Crédit photo : archives Stéphane Klein / SOVidéo.
Du Périgord à la place Saint-Marc de Venise : ce verrier a créé un « bijou » de 150 kilos Xavier Le Normand dans son atelier de Lanouaille, en Périgord vert, avec des œuvres qui ont inspiré son travail à Venise Xavier Le Normand, souffleur de verre installé en Dordogne, participe jusqu’au 1er novembre 2026 à une exposition internationale à ciel ouvert à Venise. Il a créé un luminaire géant dans des tons de verts et de roses La place Saint-Marc, cœur battant de Venise, est un écrin de rêve pour les artistes.
Douze d’entre eux, venus du monde entier , ont accroché sous les arcades des Procuraties , jusqu’au dimanche 1er novembre 2026, des lustres monumentaux en verre de Murano. Xavier Le Normand signe l’une de ces créations. Une symphonie pastel de verts et de roses, juxtaposition d’éléments verticaux tout en transparence qui évoquent des formes architecturales. Le tout pesant la bagatelle de 150 kilos.
Le verrier d’art, installé à Lanouaille au cœur du Périgord vert, est entré dans cette « aventure incroyable » grâce à Jean-Luc Olivié, conservateur en chef en charge... Le verrier d’art, installé à Lanouaille au cœur du Périgord vert, est entré dans cette « aventure incroyable » grâce à Jean-Luc Olivié, conservateur en chef en charge des collections de verre au.
C’est lui qui a proposé le nom du Périgourdin, seul Français retenu pour cette exposition internationale à ciel ouvert intitulée C’est la quatrième édition de cet événement, mis en place par la Ville et la Chambre de commerce de Venise, et destiné à célébrer le mariage de la création contemporaine et de la tradition verrière de Murano.
« Là-bas, on m’appelle maestro » : ce verrier du Périgord est l’un des 12 artistes au monde choisis pour créer chacun un lustre pour la place Saint-Marc de Venise Le verrier d’art Xavier Le Normand est à Murano, en Italie, pour réaliser un luminaire monumental. Sa création sera installée à l’automne, avec 11 autres, au cœur de VeniseLe cahier des charges obligeait en effet les participants à travailler avec un atelier de la petite île de la lagune de Venise réputée pour sa tradition séculaire en matière de verrerie.
Xavier a œuvré dans la fornace des frères Dona, les derniers d’une longue lignée de verriers. Il a choisi cet atelier parmi plusieurs propositions. Il y a fait deux séjours au printemps, pour mener des tests et créer les moules de son futur lustre, avec sa compagne et partenaire de travail, Julia Jacqueminet.
Xavier Le Normand et Julia Jacqueminet dans l’ancien garage automobile de Lanouaille qu’ils ont transformé en atelierLe Périgourdin y a supervisé une dizaine de personnes mises à sa disposition : « Pour la première fois de ma vie, je n’ai pas mis les mains dans la production, raconte-t-il les yeux brillants. J’ai été accueilli comme un ‘‘maestro’’. D’ailleurs, on m’appelait maestro. J’avais des verriers extrêmement compétents à ma disposition.
Une chance exceptionnelle, un rêve. » Une forme de consécration pour l’artiste de 48 ans dont les œuvres trônent dans des galeries et des musées à travers le monde.
Cette participation à « Murano illumine le monde » assoie encore un peu plus la dimension internationale de Xavier Le Normand,Xavier Le Normand, Julia Jacqueminet et Davide Dona, de l’atelier de Murano avec lequel les Périgourdins ont travailléPour Venise, il a imaginé un luminaire avec des parties mates, d’autres brillantes, taillées comme ces pierres précieuses qu’il affectionne. Une sorte de bijou géant signé par celui qui a travaillé dans l’orfèvrerie.
« C’est une grande parure », décrit-il. Le hasard fait bien les choses : la création de Xavier Le Normand est suspendue juste devant une bijouterieLe lustre vénitien inaugure une collection baptisée « Julia », dont la seconde pièce, soufflée à Murano, sera dévoilée le 20 octobre dans la cour d’honneur de la Maison de l’Amérique latine, à Paris, dans le cadre de la.
« Une œuvre lumineuse en hommage à l’Orient Express, d’un bleu nuit profond agrémenté de bois précieux. Paris-Venise, un itinéraire mythique. Une légende », décrivent les artistes. Il se pourrait que la troisième pièce de la collection soit inspirée de Constantinople.1 000 km en break Une fois créés à Murano, les éléments ont été acheminés en Dordogne, où le couple d’artistes a travaillé tout l’été à leur assemblage et leur mise en lumière dans son atelier, un ancien garage automobile.
« Le projet a pris une tournure intéressante en termes d’innovation », raconte Julia Jacqueminet. Cette dernière a travaillé avec Loïs Puig, de l’entreprise 3DA de Hautefort, toujours en Dordogne, pour imaginer les pièces d’assemblage des éléments en verre.
« Elles ont été imprimées en 3D dans un matériau plastique translucide. » Début septembre, le duo a repris la direction de la Sérénissime. Pas en avion cette fois, mais dans un véhicule break. À l’arrière, quatre grandes caisses en bois contenant le lustre en kit, emballé dans des mètres de papier bulle.
« Les caisses ont été fabriquées sur mesure pour le break », sourit Julia.1 089 km et quelques sueurs froides plus loin, le break a laissé la place à un petit bateau jusqu’au débarcadère de la place Saint-Marc. « Livrer à Venise, c’est disons… quelque chose d’une autre époque, une aventure à tous les niveaux. Venise, c’est vraiment un univers à part », ajoute l’artiste.
Elle s’amuse encore de toutes ces femmes en robe du soir et chaussures plates présentes pour la Mostra, enfilant leurs talons aiguilles juste avant de pénétrer dans une salle du festival de cinéma, proche de l’emplacement de leur lustre. Le lendemain du vernissage, mi-septembre, Xavier et Julia se sont postés face à leur création, à la terrasse du célèbre café Florian, afin d’observer les réactions des passants. Histoire de savourer le résultat d’une « longue et jolie aventure ».
Pas un long fleuve tranquille L’aventure vénitienne a failli tourner court. Durant l’été, Julia Jacqueminet a lancé un appel public au mécénat, les organisateurs de l’exposition ne finançant pas les artistes sélectionnés.
« Aidez-nous à illuminer Venise en devenant mécènes d’une œuvre d’art » a écrit le couple dans la description de la. « C’est un magnifique projet qui a juste le défaut d’être à la charge des artistes », déplorait Julia Jacqueminet en aoûtLes 10 000 euros espérés n’ont pas été réunis, mais le galeriste de Sarlat Vincent André, touché, a acheté des œuvres pour soutenir le couple.
Une fois à Venise, l’accrochage du lustre a été compliqué, les chaînes prévues par le couple étant refusées par les organisateurs : « Il y a eu un petit moment de panique », souffle Julia. Ils ont dû faire faire une structure métallique sur place, au dernier moment. Puis accrocher le bijou géant sans autre aide des organisateurs qu’un échafaudage. Mais avec un coup de main des membres de la fornace des frères Dona.
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