Le retour de Cédric Jubillar à Cagnac-les-Mines pour une reconstitution a entraîné un déploiement massif de 150 gendarmes, fermant le village et les environs immédiats. Cette opération sécuritaire millimétrée a provoqué l'épuisement de la population locale, qui aspire à retrouver sa vie normale après plusieurs mois de tensions.
Un village sous clé, 150 militaires mobilisés et un accusé maintenu dans l'ombre : le retour de Cédric Jubillar a plongé Cagnac et ses environs dans un bouclage judiciaire millimétré.
Une démonstration de force qui se heurte désormais à l'épuisement d'une population qui n'attend plus qu'une chose : retrouver sa vie normale. Récit d'une journée hors du temps. À Cagnac-les-Mines, ce vendredi 2 octobre, les gendarmes étaient partout. Aux entrées du lotissement, le long de la route, autour de l’église, du boulodrome.
Un village entier coupé du monde pour quelques heures, le temps du retour de Cédric Jubillar sur les lieux où tout avait commencé. Mais derrière les barrières et les uniformes, Cagnac a continué à vivre. La mise sous cloche avait commencé la veille. Dès le jeudi 1er octobre, les militaires avaient quadrillé le secteur où vivait le couple Jubillar.
À l’entrée du chemin de Drignac, une barrière barrait déjà l’accès au pavillon du 19 rue Yves-Montand. Plusieurs gendarmes mobiles surveillaient les lieux et invitaient les automobilistes à poursuivre leur route. Vendredi matin, le dispositif avait encore changé d’échelle. Dès 8 heures, les forces de l’ordre étaient en place sur les deux sites de la reconstitution, à Cagnac et Mailhoc.
Environ 150 gendarmes ont été mobilisés, dont 110 issus de deux escadrons de gendarmerie mobile et une quarantaine de militaires du Tarn, auxquels se sont ajoutés les gendarmes de la section de recherches de Toulouse. À Cagnac, le village semblait de nouveau hermétique, bien plus encore qu’en décembre 2022 lors de la première reconstitution. Cette fois, l'accès au lotissement comme à ses environs immédiats restait totalement barré. Impossible d’aller au boulodrome ou à l’église.
Pour circuler, les habitants devaient montrer patte blanche : justificatif de domicile et pièce d’identité en main. Il y avait surtout beaucoup moins de monde qu’en 2022. Moins de journalistes. Moins de curieux.
Et une forme de lassitude palpable.
"Vivement que ça se termine cette affaire, lance un habitant devant la mairie. On en a marre, une fois de plus notre village est au centre de l’actualité mais pas pour de bonnes choses.
"Affaire Jubillar : "Ils ont tout bloqué ! " Le lotissement du couple à Cagnac-les-Mines "mis sous cloche" par les gendarmes à la veille de la reconstitution Une habitante résume le sentiment du matin :"Ça ne nous intéresse même plus. " Avant d’ajouter, comme pour rappeler que derrière le fait divers, il reste une famille :"On pense aux enfants, les pauvres". Puis, vers 9 h 15, le convoi est arrivé.
Magistrats, avocats et Cédric Jubillar ont pénétré dans le secteur par le chemin de Drignac. À l’abri des regards : pas de scène spectaculaire, pas de mouvement visible depuis la rue. Tout avait été pensé pour que le retour de l’accusé à Cagnac se déroule dans la plus grande discrétion. Moins de deux heures plus tard, le convoi repartait en direction de Mailhoc.
Là encore, les gendarmes avaient verrouillé le secteur. Le champ où Cédric Jubillar affirme avoir dissimulé le corps de son épouse était redevenu, le temps de la matinée, un espace inaccessible. Peu avant 13 heures, cette deuxième séquence s’achevait à son tour. Les avocats reprenaient la direction de Cagnac-les-Mines.
Cédric Jubillar, lui, était escorté vers Villeneuve-sur-Vère, à quelques kilomètres de là. Une cinquantaine de militaires avaient pris position dans le village, autour de la salle communale où le peintre plaquiste devait signer ses procès-verbaux et prendre son repas. EXCLUSIF. Affaire Jubillar : un nouvel ossement retrouvé à Mailhoc pourrait être un fragment du tibia de Delphine Et pourtant, là encore, presque personne ne semblait savoir qu’il se trouvait à quelques mètres.
Villeneuve-sur-Vère était calme. Seuls les écoliers semblaient avoir remarqué quelque chose. Pour rejoindre la cantine, située juste à côté de la salle communale, ils empruntaient un autre itinéraire afin d’éviter le dispositif militaire. À 14 heures, son avocat repartait.
Le convoi aussi. Puis, peu à peu, les gendarmes quittaient les lieux. À Cagnac-les-Mines comme à Villeneuve-sur-Vère, la parenthèse se refermait. Et avec elle, peut-être, l’espoir d’une commune qui, près de six ans après la disparition de Delphine Jubillar, aspire simplement à retrouver une vie ordinaire. Découvrez nos offres spéciales avec Google
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