Le groupe Canal+ fait son entrée à la bourse de Johannesburg. Cette stratégie vise à financer son expansion sur le continent africain, devenu son nouveau centre de gravité après la transformation profonde de son modèle économique en France.
Le groupe Canal+ fait son entrée à la bourse de Johannesburg. Cette stratégie vise à financer son expansion sur le continent africain, devenu son nouveau centre de gravité après la transformation profonde de son modèle économique en France.
Canal qui a fait son entrée en bourse au JSE, le marché financier d'Afrique du Sud, la principale place boursière du continent africain. Qu'est-ce que Canal va faire là-bas ? Eh bien des affaires et trouver de l'argent frais. Cette arrivée de Canal+, à la bourse de Johannesburg, deux ans après être déjà entrée à celle de Londres, raconte tout de l'histoire récente du groupe français, à commencer par ses difficultés.
Lesquelles ? En France, le modèle historique de Canal s'est fracturé. Il y a d'abord eu une fuite des abonnés entre 2015 et 2020, elle a obligé Canal à revoir sa stratégie de fond en comble. Ils ont cassé les prix avec des offres pour les jeunes, fait des offres spéciales cinéma, des offres spéciales sport, et puis aussi des abonnements sans engagement, plus en phase avec l'époque, et tout ça à payer.
Sur le papier, la chaîne affiche près de 10 millions d'abonnés, mais attention quand même, ce ne sont plus les mêmes abonnés, celui qui payait religieusement son décodeur 40 euros par mois, lui, il a quasiment disparu. Et puis Canal a élargi son offre éditoriale. C'est devenu un agrégateur.
Pour éviter que les abonnés aillent voir ailleur, Canal+, distribue maintenant ses concurrents, Netflix, HBO, Paramount, Apple, TV+, ça fait de Canal une plateforme où l'on trouve quasiment tout, mais ça lui coûte cher, car il doit les payer ses partenaires. Et c'est là qu'on en arrive au continent africain, pour trouver de l'argent frais, Canal a misé sur cet immense marché où tout est à faire.
Canal, il y avait déjà 8 millions d'abonnés, il vient d'en gagner plus de 20 millions d'un coup en rachetant le leader de la télé payante en Afrique anglophone et lusophone, MultiChoice. Et cette opération XXL, c'est aussi ce qui justifie l'entrée en bourse à Johannesburg, on y revient, car l'Afrique du Sud est très protectionniste.
Elle interdit à un groupe étranger de posséder ces médias, donc en entrant à la bourse locale, Canal+, montre pâte blanche aux autorités pour boucler son opération. Et c'est tout sauf une coïncidence. C'est là que Vincent Bolloré a bâti son empire. Durant des décennies, il a géré des ports, des chemins de fer avec une entreprise de logistique tentaculaire.
Une entreprise qu'il a revendue près de 6 milliards d'euros, mais s'il n'a plus de business là-bas, il a gardé son carnet d'adresses. Et aujourd'hui, grâce à Canal, il réinvestit sa force de frappe sur le terrain des médias et du soft power.
Car le modèle du groupe ce n'est plus seulement le foot européen et les séries françaises, aujourd'hui Canal produit massivement un Nollywood, l'industrie du cinéma nigérian, on y tourne à la chaîne là-bas des séries locales en Swahili ou en Wolof. Et puis c'est Canal qui diffuse aussi les grandes compétitions de foot sur tout le continent africain.
La chaîne qui incarnait ici l'exception culturelle française a compris que pour exister face aux géants américains, son centre de gravité maintenant, c'était plus la France mais le Sud.
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