Parce qu’elle est juive, Issue d’une famille provençale de vieille souche, Denise Toros-Marter fut persécutée, arrêtée puis déportée à Auschwitz. Figure de la Mémoire de la seconde guerre mondiale, elle a accepté que son récit « J’avais seize ans à Pitchipoï » soit publié par « La Marseillaise » pour témoigner de la barbarie nazie.

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Parce qu’elle est juive, Issue d’une famille provençale de vieille souche, Denise Toros-Marter fut persécutée, arrêtée puis déportée à Auschwitz. Figure de la Mémoire de la seconde guerre mondiale, elle a accepté que son récit « J’avais seize ans à Pitchipoï » soit publié par « La Marseillaise » pour témoigner de la barbarie nazie.
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À mes parents, afin que ce livre devienne la sépulture qu’ils n’ont jamais pu recevoir. Mes amies, je me souviendrai de vous et de notre jeunesse inso...

Parce qu’elle est juive, issue d’une famille provençale de vieille souche, Denise Toros-Marter fut persécutée, arrêtée puis déportée à Auschwitz. Figure de la mémoire de la seconde guerre mondiale, elle a accepté que son récit « j’avais seize ans à pitchipoï » soit publié par « la marseillaise » pour témoigner de la barbarie nazie.

À 98 ans, Denis Toros-Marter est l’une des dernières voix de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. PHOTO Mohammed EL HamzaouiMes amies, je me souviendrai de vous et de notre jeunesse insouciante mais aussi exaltante et sans distinction d’origine ou de religion.

Je vous garde dans ma mémoire et je ne sais, au moment où j’écris, si vous êtes toujours de ce monde :- Paulette Capitole, dont le père Résistant fut déporté à Dachau ;- Lily Scherr, brillante historienne à la Sorbonne que je retrouvai avec tant de plaisir après la guerre et dont la maman était si chère à mon cœur ;- Catherine Bogdanoff, issue d’une famille d’émigrés russes « blancs » ; jolie fille brune usant de sa superbe, mais en fait très proche de ses camarades du « clan » ; - et moi, la petite , Denise Marter. Nous étions donc huit.

La vie nous paraissait belle et l’avenir radieux ! Je suis en troisième au lycée Montgrand, je fais de l’anglais et de l’allemand, et je suis relativement douée pour les langues. Mais si je suis bonne en français, je suis nulle en maths et, pour passer en seconde, je suis tenue à un examen de passage. Cela rebute mes parents, qui me poussent à quitter le lycée, à mon grand désespoir...

Je vais donc prendre en 1943 des cours privés de sténodactylo chez une amie de la famille, Mme Laure Beddouk. Cette femme remarquable est à l’origine de la première école de commerce de Marseille. C’est aussi une suffragette qui a beaucoup œuvré pour faire avancer le rôle de la femme dans la société française. Sa fille Claudine ainsi que son époux seront très investis dans la Résistance puis dans la vie politi- que.

Claudine écrira sous son nom d’épouse et de Résistante un livre passionnant intituléEn même temps, mes parents m’autorisent à m’inscrire au Cours Berlitz pour continuer l’étude de l’anglais et de l’allemand. Cela me plaît beaucoup et je rencontre des professeurs très intéressants. L’une d’elles invite un jour ses élèves dans sa villa située Promenade de la Plage à Marseille, et nous parle de ses travaux.

En effet, elle a réalisé un projet de division de Marseille en arrondissements qu’elle conserve soigneusement dans un tube d’acier à l’épreuve des secousses sismiques ou de bombardements éventuels . Mes amies, je me souviendrai de vous et de notre jeunesse insouciante mais aussi exaltante et sans distinction d’origine ou de religion.

Je vous garde dans ma mémoire et je ne sais, au moment où j’écris, si vous êtes toujours de ce monde :- Paulette Capitole, dont le père Résistant fut déporté à Dachau ;- Lily Scherr, brillante historienne à la Sorbonne que je retrouvai avec tant de plaisir après la guerre et dont la maman était si chère à mon cœur ;- Catherine Bogdanoff, issue d’une famille d’émigrés russes « blancs » ; jolie fille brune usant de sa superbe, mais en fait très proche de ses camarades du « clan » ; - et moi, la petite , Denise Marter. Nous étions donc huit.

La vie nous paraissait belle et l’avenir radieux ! Je suis en troisième au lycée Montgrand, je fais de l’anglais et de l’allemand, et je suis relativement douée pour les langues. Mais si je suis bonne en français, je suis nulle en maths et, pour passer en seconde, je suis tenue à un examen de passage. Cela rebute mes parents, qui me poussent à quitter le lycée, à mon grand désespoir...

Je vais donc prendre en 1943 des cours privés de sténodactylo chez une amie de la famille, Mme Laure Beddouk. Cette femme remarquable est à l’origine de la première école de commerce de Marseille. C’est aussi une suffragette qui a beaucoup œuvré pour faire avancer le rôle de la femme dans la société française. Sa fille Claudine ainsi que son époux seront très investis dans la Résistance puis dans la vie politi- que.

Claudine écrira sous son nom d’épouse et de Résistante un livre passionnant intituléEn même temps, mes parents m’autorisent à m’inscrire au Cours Berlitz pour continuer l’étude de l’anglais et de l’allemand. Cela me plaît beaucoup et je rencontre des professeurs très intéressants. L’une d’elles invite un jour ses élèves dans sa villa située Promenade de la Plage à Marseille, et nous parle de ses travaux.

En effet, elle a réalisé un projet de division de Marseille en arrondissements qu’elle conserve soigneusement dans un tube d’acier à l’épreuve des secousses sismiques ou de bombardements éventuels . Si on arrose une graine avec du Coca, est-ce qu’elle pousse ?

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