« On ne protège que ce que l'on aime » : comment Falco, un biologiste marin jurassien sauve les coraux caribéens ?

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« On ne protège que ce que l'on aime » : comment Falco, un biologiste marin jurassien sauve les coraux caribéens ?
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sFalco Martin partage sa vie entre ses racines doloises et Union Island, dans les Caraïbes. Portrait d'un passionné qui a fait de la sauvegarde des coraux une mission de vie.

sFalco Martin partage sa vie entre ses racines doloises et Union Island, dans les Caraïbes. Portrait d'un passionné qui a fait de la sauvegarde des coraux une mission de vie.

Dolois de naissance, Falco Martin a grandi et est retourné vivre à Union Island dans les Caraïbes où il a décidé de dédier sa vie à une mission : protéger les coraux ©Augustin THIEFAINEune fois par an, c’est la veille d’un trajet de vingt-quatre heures entre Dole et Union Island que Falco Martin, 28 ans, a raconté son parcours atypique. Né à Dole, où ses parents ont grandi, il a pourtant passé ses seize premières années à des milliers de kilomètres de la France métropolitaine.

Ces derniers ayant déménagé il y a une trentaine d’années à Saint-Vincent-les-Grenadines, c’est sur la petite île d’Union Island qu’il s’est forgé : un territoire de dix kilomètres carrés et 3 000 habitants, situé à l’extrême sud de l’archipel entre la Martinique et le Venezuela.

« Depuis tout petit, j’ai toujours passé énormément de temps sur la plage, sur la côte, dans l’eau à découvrir l’environnement marin. » Un terrain de jeu dont il a repris possession vingt ans plus tard… Ce forgeron du Haut-Jura, un des derniers de son genre, équipe les combattants médiévaux de toute la France L’île étant isolée, Falco y suit une scolarité atypique : l’école à la maison.

« Ma mère était ma prof pendant les quinze premières années de ma vie », explique-t-il. Ses parents tenaient à ce qu’il suive le programme académique français. Chaque été, la famille perpétue la tradition de revenir à Dole pour retrouver grands-parents, oncles, tantes et cousins, mais un grand tournant s’opère en 2015. Pour préparer son entrée à l’université, Falco et son frère cadet Matt quittent le foyer familial pour s’installer à Dole.

Ils intègrent le lycée Charles-Nodier, et Falco une terminale S : un choc culturel et social.

« C’était la première fois de ma vie que je me retrouvais dans une classe avec 25-30 élèves, que je voyais la neige aussi… j’étais comme un gamin. » Hiver à part, son bac S une fois en poche, il dessine un projet déjà très clair : devenir biologiste marin.

Une formation en mer et dans les océans Après une licence de biologie à Grenoble, un Erasmus à Swansea afin de s’orienter spécifiquement vers la biologie marine, il retourne aux Caraïbes les étés pour réaliser des stages et passer ses diplômes de plongée. De retour en France, sur la Côte d’Azur, il intègre le technopôle de Sophia-Antipolis près d’Antibes, en master, axé sur la science, la conservation et la valorisation des ressources marines.

Alliant théorie et expéditions en mer, il effectue deux stages marquants. Le premier, début 2020, l’emmène à Saint-Martin pour travailler suret le tourisme durable. Le second, à Barcelone, l’immerge dans la recherche scientifique pure : il y étudie la contamination par les microplastiques chez les cétacés, notamment le rorqual commun, au large de la Catalogne. Au sortir de ces deux années, il est recruté par Fauna and Flora, une importante ONG internationale basée au Royaume-Uni.

Pendant trois ans, il travaille au sein de l’équipe chargée de la pollution plastique, participant activement aux négociations du traité des Nations Unies sur le plastique et collaborant avec des communautés en Afrique, en Asie et en Amérique centrale pour réduire les plastiques à usage unique.

« Je n’arrivais même plus à courir dix minutes » : ce sportif de l’extrême raconte son combat contre la maladie de Lymeen tant que chargé de projet scientifique et se réinstalle à Union Island. Son quotidien est désormais dédié à la restauration des récifs coralliens de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de Sainte-Lucie. Sur place, le constat est alarmant. Le réchauffement des eaux provoque un blanchissement massif des coraux.

« Un phénomène de stress où le polype rejette l’algue symbiotique qui lui donne sa couleur et sa vitalité. Si le stress thermique dure trop longtemps, le corail meurt », essaie-t-il de simplifier. En 2023 et 2024, des vagues de chaleur extrêmes ont dévasté les populations de coraux branchus emblématiques des Caraïbes.

« On aurait perdu 99 % des », déplore-t-il. Pour ne rien arranger, en 2024, l’ouragan Beryl et ses vents à plus de 250 km/h ravagent les eaux peu profondes et brisent les structures récifales survivantes. Désormais, l’état des récifs est critique.

« Je me souviens, dans mon enfance, de récifs peu profonds et extrêmement colorés, riches en poisson et débordant de vie. Aujourd’hui, environ 95 % des coraux situés dans les cinq premiers mètres de profondeur sont morts ou en très mauvais état », décrit-il.

« Trouver un récif en bonne santé, c’est très rare à cette profondeur à Union. On est tombé à 5 % de coraux vivants et en bonne santé, sinon il faut descendre entre 5 et 15 mètres de profondeur, où l’eau a été un peu moins impactée par la chaleur et les tempêtes. On y trouve d’autres espèces plus résistantes. » Entre océan et études, le biologiste marin tente de contrecarrer les effets du réchauffement climatique sur ses protégés.

©DR. F.M. Pour contrer cette extinction, Falco et son équipe de cinquante personnes, dont une quarantaine de Coral Gardeners locaux, déploient des trésors d’ingéniosité. Ils construisent des récifs artificiels appelés, sur lesquels ils transplantent des fragments de coraux issus de nurseries sous-marines. Ces « récifs hybrides » recréent des habitats essentiels pour les poissons et les oursins, indispensables pour nettoyer les algues qui étouffent les coraux.

Falco travaille aussi main dans la main avec les gouvernements locaux pour lutter contre les pollutions terrestres et maritimes et réglementer la surpêche. Malgré l’impact énorme du changement climatique et l’inaction de grandes puissances comme les États-Unis, il refuse de baisser les bras. Pour lui, ce métier est bien plus qu’un travail : « C’est un mode de vie. Tous les jours je me réveille et j’ai comme une mission qui me fait apprécier la vie ».

Guidé par la célèbre maxime inspirée du Commandant Cousteau, « On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on connaît », il consacre également une grande partie de son temps à éduquer les jeunes générations locales pour assurer un avenir sain à ces écosystèmes vitaux. La maman de Rubis, 3 ans, atteinte d’une maladie très rare, crée une association pour aider sa petite fille Exécution ratée de Christa Pike : on en sait plus sur l'état de santé de la condamnée à mort aux États-Unis

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