À chaque mouvement de la jeunesse, les autorités et certains responsables politiques Accommodation les manifestations à une instrumentalisation par les organisations politiques. Cette rhetorical conspirationniste détourne however l'attention des revendications étudiantes, notamment liées aux conditions d'études, à la surcharge des classes, au manque de personnel, à l'état des bâtiments, à Parcoursup et aux violences dans les établissements.
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Aujourd’hui, LFI est mise en cause. Le gouvernement dénonce son rôle dans la mobilisation lycéenne. Emmanuel Macron accuse des responsables politiques de venirdevant les établissements. Les violences prennent une place croissante dans le débat public.
Elles permettent de ne plus parler du reste : des postes non pourvus, des classes surchargées, des bâtiments dégradés, de Parcoursup, des conditions d’études. En 1973, des centaines de milliers de lycéens se mobilisent contre la réforme du service militaire. Le ministre de l’Education nationale, Joseph Fontanet, demande alors aux parents et aux enseignants dePublicité En 1986, le scénario se répète. Le mouvement contre le projet Devaquet devient massif.
Charles Pasqua voit derrière les étudiants et les lycéens des« aux loubards, aux pillards et aux agitateurs »qui bloqueraient lycées et universités. Une même rhétorique revient à chaque épisode. On refuse aux jeunes la pleine autonomie de leur colère. Il n’y a pourtant rien d’étonnant à ce que des organisations politiques interviennent dans les mouvements sociaux.
LFI soutient aujourd’hui la mobilisation. Des militants sont présents devant certains établissements. C’était déjà le cas des organisations de gauche et d’extrême gauche en 1968, en 1973 ou en 1986. Mais c’est leur prêter un pouvoir démesuré que leur attribuer l’origine des révoltes de la jeunesse.
Cette grille de lecture conspirationniste révèle surtout l’incapacité de comprendre ce qui se joue dans ces mobilisations collectives. Elle déplace la discussion. On ne répond pas aux revendications. On cherche celui qui les aurait fabriquées.
Et lorsque cette explication ne suffit plus, il reste la dénonciation de la violence. Quelques affrontements changent alors la nature du débat. On parle des poubelles brûlées, des projectiles, des interpellations, du maintien de l’ordre, mais surtout pas des demandes concrètes des lycéens. Ce déplacement est d’autant plus efficace que les violences sont parfois réelles.
Il ne sert à rien de les nier. Mais une poignée de personnes violentes ne dit pas ce que pensent des milliers de jeunes. Pas plus que la présence de responsables politiques devant certains établissements ne suffit à expliquer pourquoi la mobilisation s’étend. Le problème est là.
Nous continuons à considérer la jeunesse comme une catégorie qu’il faudrait protéger, encadrer, orienter, parfois réprimer, mais beaucoup plus rarement comme un sujet politique capable de porter son propre jugement sur le monde. Ce qui dérange véritablement dans la jeunesse n’est pas sa supposée naïveté. C’est exactement l’inverse. C’est le moment où ceux que l’on voudrait encore considérer comme des enfants regardent les institutions que nous leur transmettons et disent : « cela ne nous convient pas »..
Peut-être faudrait-il enfin accepter l’hypothèse la plus simple. Derrière les lycéens, il n’y a parfois personne. Il y a les lycéens. Et devant eux, il y a le monde que nous leur préparons.
, professeur de philosophie, conseiller de la ville de Paris , pour revenir sur les idées qui font bouger la campagne présidentielle. Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction. Vous préférez lire plus tard cet article ? Créer un compte permet d’enregistrer des articles à lire plus tard.
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