Mathias Malzieu, parrain de Lire en poche : « La lecture, c’est joyeux, c’est un grand jeu, une aventure fabuleuse »

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Mathias Malzieu, parrain de Lire en poche : « La lecture, c’est joyeux, c’est un grand jeu, une aventure fabuleuse »
Olivier Plagnol, Gradignan, Gironde

Écrivain, chanteur, musicien, cinéaste, l’artiste protéiforme Mathias Malzieu est cette année le parrain du salon Lire en poche de Gradignan (9 au 11 octobre). Il évoque son rapport intime et passionné à la lecture

Mathias Malzieu, ici en 2025 : « Je suis vraiment très heureux qu’on m’ait proposé d’être le parrain de Lire en poche ». © Crédit photo : Joël Saget/AFPMathias Malzieu, parrain de Lire en poche : « La lecture, c’est joyeux, c’est un grand jeu, une aventure fabuleuse » Mathias Malzieu, ici en 2025 : « Je suis vraiment très heureux qu’on m’ait proposé d’être le parrain de Lire en poche ».

Écrivain, chanteur, musicien, cinéaste, l’artiste protéiforme Mathias Malzieu est cette année le parrain du salon Lire en poche de Gradignan . Il évoque son rapport intime et passionné à la lectureest également un écrivain prolifique, « La Mécanique du cœur » et « Journal d’un vampire en pyjama » sont deux des livres qui lui ont permis de toucher le grand public.

Son dernier ouvrage, sort fin septembre, est un roman jeunesse : « Un Noël sur la Lune » . Lire en poche à Gradignan : Philippe Besson, Michel Bussi, Virginie Grimaldi, Raphaël Quenard… Tout savoir sur l’édition 2026 Près de 30 000 visiteurs sont attendus pour le festival Lire en poche de Gradignan, qui se tient du vendredi 9 au dimanche 11 octobre. Rencontres, dédicaces, spectacles sont prévus lors de cette édition 2026 qui aura Mathias Malzieu du groupe...

Lire en poche à Gradignan : Philippe Besson, Michel Bussi, Virginie Grimaldi, Raphaël Quenard… Tout savoir sur l’édition 2026 Près de 30 000 visiteurs sont attendus pour le festival Lire en poche de Gradignan, qui se tient du vendredi 9 au dimanche 11 octobre. Rencontres, dédicaces, spectacles sont prévus lors de cette édition 2026 qui aura Mathias Malzieu du groupe Dionysos comme parrainUn lecteur régulier.

Comme je fais mille choses en même temps, le temps que je consacre à la lecture dans une journée est parfois réduit, mais il est très important. Il n’y a quasiment aucune journée où je ne lis pas un livre. Et j’en ai toujours plusieurs avec moi. Un roman, un recueil de poésie, un essai, et même si je n’ai pas le temps de les lire, j’aime me trimbaler avec.

Ça me rassure. J’adore ce moment, même si je suis crevé, juste avant de dormir, ce petit rendez-vous de joie : se retrouver au lit avec un livre. En général, je lis lentement, je savoure, je prends le temps, c’est un cadeau pour moi, la lecture. Tout à fait.

J’aime les pages, les couvertures. Je suis plutôt pour une démystification de la littérature et je préfère d’ailleurs la façon de publier des Anglo-Saxons. Les librairies anglo-saxonnes, on dirait des magasins de jouets, il y a des couleurs dans tous les sens. Cela peut donner envie à des gens qui ne sont pas forcément de grands lecteurs.

Cela ne veut pas dire que je préfère la littérature anglo-saxonne à la française, je parle juste de la manière de la présenter. Je le vois quand je fais des ateliers d’écriture avec des gens qui lisent peu, la littérature peut avoir un côté un peu impressionnant : « Ouh là là ! Ça va être du sérieux, ça va être dur, je n’ai pas le niveau !

» Mais quand on est plus ludique, cela favorise une démocratisation demontrent que les Français lisent moins, notamment les jeunes, en tout cas moins de littérature. Comment leur redonner le goût de la lecture ? Je serais bien prétentieux si je donnais une réponse, parce que c’est très complexe. Mais je pense que tout ce qui donne une dimension de légèreté peut aider.

Et la légèreté, parfois, aide à avoir accès à la profondeur. Quand j’étais jeune, la lecture n’a pas été une évidence. J’étais un peu hyperactif, j’avais besoin de beaucoup me dépenser. Et la lecture m’était souvent présentée comme quelque chose de scolaire, protocolaire, lourd, sérieux… Il a fallu que je passe par le biais de la musique, notamment avec la bio de Jim Morrison qui parlait beaucoup de la Beat Generation.

Ensuite, je suis allé me chercher un livre de Kerouac, puis de Ginsberg et j’ai fait mon chemin, un chemin ludique, pour me rendre compte à quel point les livres peuvent être des copains et des tickets pour des voyages extraordinaires. Je l’ai vraiment compris vers 17 ou 18 ans. C’est comme ce que dit le professeur Keating dans « Le Cercle des poètes disparus » : « Ah ! Shakespeare !

Vous attendez ça comme la roulette du dentiste. » En fait, non, c’est parce que vous voyez Shakespeare joué par les auteurs classiques qui en font des caisses. Mais lisez le texte et vous verrez comme c’est beau, comme ça peut être parfois drôle, cruel, humain… Il faut faire passer ce message : la lecture, c’est joyeux, c’est un grand jeu, une aventure fabuleuse.

« J’aime les coulisses d’un ouvrage » : la gratitude de l’auteur Cédric Gras, invité du festival littéraire de Thénac, en Charente-Maritime Le prix Albert-Londres du livre en 2020 vient pour la deuxième fois au festival littéraire. Il interviendra le dimanche 4 octobreOui, presque toujours. Ce n’est pas seulement du snobisme que de déclarer : « Oh, il faut lire ! » La science nous le dit : la lecture augmente la connexion neuronale.

Et même six minutes de lecture diminuent l’hormone du stress. Attention, je ne moralise pas la chose. Cela m’arrive d’être trop fatigué pour lire et d’avoir envie de débrancher le cerveau. De regarder une série, et parfois comme tout le monde, je scrolle, je regarde des trucs… Je dis juste que pour encourager la lecture, il faut s’appuyer sur la dimension du plaisir.

Parce qu’avant d’être un truc élitiste, c’est d’abord ça, un plaisir. Et aussi un outil démocratique extraordinaire. On peut ainsi aimer le livre de quelqu’un qui ne pense pas comme nous. Je privilégie la curiosité.

Comme tout le monde, j’ai mes chouchous. Dedans, il y a des classiques, des auteurs récents… Là, je lis « M. J’aime bien les gens qui cassent un peu les codes et j’ai horreur des chapelles. Je peux me régaler avec des trucs plus philosophiques comme avec « Le Comte de Monte-Cristo » que j’ai relu après avoir vu le film. Parfois, bien sûr, je peux être déçu, mais ça n’est pas grave.

Pensez-vous qu’il existe une vraie littérature et a contrario une sous-littérature, comme la romance par exemple ? Il y a de la place pour tout le monde en librairie et il ne doit pas y avoir de hiérarchie, sinon on va réduire le champ des possibles et ça, ce n’est pas bon.

En revanche, je serais un peu démago de dire que, pour moi, c’est pareil de lire « Hamlet » et un livre de romance. Cela ne signifie pas que je ne veux pas que ça existe, mais j’ai le droit de dire que j’en préfère un à l’autre. Salon Délivrées ! de La Teste-de-Buch : « La dark romance est-elle une culture du féminicide ? On peut en débattre… » Le salon des livres féministes « Délivrées !

» se tient les 3 et 4 octobre à La Teste-de-Buch. Parmi les enjeux sociaux et sociétaux abordés : le phénomène de la dark romance à l’heure de #MeToo En tant qu’auteur, c’est de voir que le texte continue de circuler et qu’il est accessible. Une chance incroyable. Quand j’étais jeune, je n’achetais que des poches, je n’avais pas les moyens pour les grands formats.

Aujourd’hui, j’achète les deux. Les poches, on les corne, on les prête, on les donne, on les perd, ce n’est pas très grave. Parfois, j’en achète un spécialement pour quelqu’un, pour l’offrir. Le don de livre, c’est vraiment super, et le poche favorise ces échanges.

C’est le grand rendez-vous du livre de poche en France. Et plus globalement une manifestation littéraire majeure qui attire chaque année à Gradignan plus de 30 000 visiteurs. Pour cette édition, une centaine d’auteurs sont attendus , accueillis par 13 librairies indépendantes. Sans oublier de nombreux auteurs jeunesse.

Au programme : des rencontres, des spectacles, animations, ateliers… Plusieurs prix littéraires y seront décernés, dont celui du Polar « Sud Ouest ». Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.

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