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Los Angeles, quand les supporters s'inquiètent de la présence de l'ICE, la police anti-immigration

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Los Angeles, quand les supporters s'inquiètent de la présence de l'ICE, la police anti-immigration
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Los Angeles va accueillir huit matches du Mondial dont le premier des États-Unis la nuit prochaine (3 heures) contre le Paraguay. La cité californienne sait vendre du rêve. Mais, derrière les paillettes, la forte communauté latino, traquée par les agents anti-immigration, a vécu une année très difficile.

Le LAFC Stadium où évolue le LoS Angeles FC. Los Angeles va accueillir huit matches du Mondial dont le premier des États-Unis la nuit prochaine contre le Paraguay.

La cité californienne sait vendre du rêve. Mais, derrière les paillettes, la forte communauté latino, traquée par les agents anti-immigration, a vécu une année très difficile.sur l'immense parking qui mène aux tribunes du Dignity Health Sports Park, l'enceinte de l'équipe de MLS basée à Carson, dans la banlieue sud de L.A.

, les traditionnels tailgates festifs et colorés - ces rendez-vous qui consistent à manger et boire autour des coffres de voiture - ont été remplacés par des fans cloîtrés dans leur véhicule, prenant soin de ne pas traîner dehors avant de foncer directement vers leur parcage. Pour ceux qui sont venus. Pendant des mois, la fréquentation de ce stade de 27 000 places a été divisée par deux. La raison ?

Des supporters traumatisés par les raids de l'ICE, la police fédérale de l'immigration envoyée par le président Trump dans les rues de Los Angeles depuis l'été 2025, et qui a traqué sans relâche les sans-papiers jusqu'au stade. Et pourtant, le club est un monument du soccer américain, l'un des membres fondateurs de la Major League Soccer à sa création en 1996, rendu célèbre aux yeux du monde entier lorsqu'il a accueilli David Beckham entre 2007 et 2012.

Cette notoriété n'a pas empêché la peur de s'installer dans les communautés latinos de la ville depuis presque un an. Ces dernières semaines, à l'approche de la Coupe du monde, la situation politique s'est sensiblement détendue à Los Angeles, du moins en apparence.continuent leurs arrestations arbitraires dans les rues de la ville, cette fois en sourdine.

Il faut dire qu'en début d'année, à Minneapolis, des agents fédéraux ont tué deux civils américains lors de manifestations, plongeant l'administration Trump sous une vague de protestations nationales et contraignant les forces de l'ordre à opérer désormais avec plus de discrétion.

« Ce n'est pas une histoire d'avoir des papiers ou pas. Il suffit d'avoir la peau brune pour être une cible, c'est effrayant », commente ce fan au visage dissimulé derrière un masque de lucha libre, le catch version mexicaine, qui se fait appeler ici"Papa, maman, est-ce qu'on va se faire déporter ?

""Non, vous êtes en règle, vous êtes là légalement, ne vous inquiétez pas" », poursuit ce père de deux enfants, venu en famille, et qui me propose gentiment quelques tacos préparés par son beau-père. « Regarde ce vendeur ambulant, là. Il regarde tout le temps par-dessus son épaule dans notre direction. Il te surveille parce qu'il ne t'a jamais vu avant, et que tu pourrais bien être de l'ICE.

Ils sont capables de venir incognito. » Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, la communauté latino de Los Angeles s'inquiète de l'omniprésence aux abors des stades de l'ICE, la police anti-immigration. a fait de l'immigration son principal cheval de bataille.

Et évidemment, Los Angeles a figuré parmi ses toutes premières cibles : ville historiquement peuplée par les autochtones, bercée par l'immigration latine, sous domination espagnole et mexicaine au XIXe siècle, avant de devenir américaine et désormais dirigée par les démocrates. Les premières opérations dans la cité des Anges ont vite mis le feu aux poudres, déclenchant des manifestations parfois violentes dans les rues, comme en juin 2025, auxquelles avaient participé certains fans du Galaxy.

« Ce que fait l'ICE, c'est une persécution contre les peuples indigènes et nous la combattons depuis plus de cinq cents ans. Ça fait partie de la colonisation », estime Raul, membre de l'Angel City Brigade, un groupe d'ultras du club, rencontré à l'intérieur du stade.

Issu de tribus natives entre les États-Unis et le Mexique, ce natif de L.A. a organisé une série de festivités dans une fan-zone du stade, avec notamment des chants et des danses traditionnelles mexicains.45 minutes en voiture, environ 50 euros en taxi. 45 minutes en bus, environ 11 euros. Ticket de métro : environ 1,50 euro. Une volonté de marquer le coup face à Trump et son escouade.

Non loin de là, une association locale a monté un stand proposant des services gratuits de conseils juridiques pour les supporters et leurs familles, dont certains ont vu des proches arrêtés et être obligés de partir du jour au lendemain.

« On se défend nous-mêmes, poursuit Raul, dans une critique adressée à son propre club. Nos communautés, les mêmes qui supportent le Galaxy depuis trente ans, sont attaquées jusqu'ici, et ils ne font rien. Silence radio. La pilule est très difficile à avaler.

», club concurrent qui a rejoint la MLS en 2018. À la différence de son voisin banlieusard, le LAFC a poussé en centre-ville et revendique une image glamour, entre recrutement cinq étoiles ces dernières années et stars hollywoodiennes en tribunes .

« Je connais des gens qui ont été touchés par tout ce qui se passe avec l'ICE mais, personnellement, rien ne m'a directement affecté », explique un premier supporter affublé du maillot noir du club, au milieu d'une foule impressionnante devant l'enceinte avant le match. « On connaît tous beaucoup de sans-papiers. Ça fait vingt ans qu'on leur dit de régulariser leur situation, mais certains ne le font pas.

Alors, on ne peut pas grand-chose pour eux »,Les supporters du Los Angeles FC peuvent sourire : leur franchise occupe actuellement la cinquième place de la Conférence Ouest de la MLS. « Si le stade du Galaxy est aussi vide, c'est aussi parce que l'équipe perd et qu'ils ont beaucoup de fans du dimanche. » Au moment d'écrire ces lignes, le Galaxy était neuvième de la Conférence Ouest, quatre points derrière le LAFC, cinquième.

On a des supporters plus âgés, et parfois ils veulent chanter, parfois non. Mais chez nous, tout le monde est le bienvenu. » Avec une fanbase ancrée dans les communautés les plus précaires de la banlieue sud, le Galaxy compte davantage de supporters sans-papiers dans ses tribunes. Et le foot dans tout ça ?

Lors de ma visite, les supporters du LAFC n'avaient d'yeux que pour l'attaquant sud-coréen Son Heung-min, venu de Tottenham en août 2025. Son ancien coéquipier et international français« C'est une autre approche de ce qu'on connaît en Europe, un peu plus glamour, avec quelques célébrités au stade,Je suis très heureux ici. Ma femme, mes enfants, la scolarité... c'est un choix de famille, et on s'y plaît vraiment. Il y a moins de pression, tout est un peu plus léger.

Même si, quand on est habitué au très haut niveau, on a toujours un devoir de performance. »complète John Thorrington, directeur général du Los Angeles FC, rencontré près de la pelouse avant le match.

« Bien sûr qu'on veut représenter le glamour de L.A. , mais aussi la vraie rudesse que représente le rêve américain, où tu arrives dans une ville comme celle-là et tu dois travailler dur pour réussir. » Après seulement huit saisons, le LAFC a remporté quatre titres nationaux en plus de deux finales de Ligue des champions Concacaf disputées en 2020 et 2023.

En face, le LA Galaxy reste le club le plus titré du pays, douze trophées mais un seul lors de la dernière décennie .

« Le fait qu'on soit aussi compétitifs et qu'on affiche complet tout le temps prouve que cette communauté du soccer à L.A. n'était pas servie comme elle devait l'être »,Hugo Lloris, l'ancien capitaine des Blues, évolue au Los Angeles FC depuis décembre 2023. Dans cet océan de bitume qu'est Los Angeles , le moindre déplacement en voiture peut prendre quarante-cinq minutes.

Mon prochain rendez-vous a lieu chez Saturday's Football, une boutique de maillots vintage de La Brea, un quartier qui monte, non loin d'Hollywood Boulevard et de ses étoiles. Devant la vitrine mitoyenne, des jeunes branchés font patiemment la queue pour entrer chez Stüssy, une marque locale réputée de streetwear.

Certains passent ensuite la porte de Saturday's Football à la recherche d'un maillot de Diego Maradona époque Napoli, du Mexique 1998 ou de la fameuse tunique de la Fiorentina avec son sponsor Nintendo.

« On attire des fans de football mais également des clients branchés par la mode, parce qu'il y a beaucoup de gens qui achètent des maillots juste pour leur style,On les informe très vite que ces types de maillots sont très rares et qu'ils partent très vite. Alors, on les oriente vers autre chose qu'on trouve cool ou sous-estimé. L'idée est aussi d'éduquer le client pour qu'il reparte en ayant appris quelque chose.

»Au milieu de cette belle collection où l'on peut trouver une tunique du Paris-Saint-Germain version Pauleta, celle de l'OM floquée au nom de Payet, des maillots verts attirent forcément mon attention, moi, l'enfant de Saint-Étienne. Mon prochain stop se fait dans le cabinet d'ostéopathie d'une vieille connaissance, celui du Français Fabrice Gautier, situé dans le très chic Beverly Hills.

Habitué à traiter les bobos des basketteurs de la NBA comme ou son compatriote Rudy Gobert , Gautier a vu un nouveau type de clientèle débarqué dans son cabinet plus récemment : des footballeurs professionnels, dont Jules Koundé et Aurélien Tchouaméni, qu'il a accompagnés de leurs débuts à Bordeaux jusqu'en équipe de France. Au « Cosm », on peut suivre sur un écran panoramique géant la Premier League anglaise comme si l'on était à Old Trafford.

Chaque été, ils reviennent à L.A. pour se soigner, récupérer ou travailler leur préparation foncière, commente ce quinquagénaire qui vit son rêve américain à fond. Au-delà du travail physique, L.A. et les États-Unis exercent une vraie fascination. Jules et Aurélien sont des grands fans de basket. L'un supporte Cleveland, l'autre Philadelphie, ils viennent assister à des matches et s'imprégner de la culture américaine.

» À La La Land, la passion du football se vit aussi au futur chez Cosm, immense cinéma dont l'écran géant à 180 degrés permet une immersion sans précédent. En ce samedi matin de Premier League, décalage horaire oblige, la firme californienne m'a dégoté l'une des meilleures places pour le choc Manchester United-Chelsea.

Grâce à toute une batterie de caméras installées directement dans le stade d'Old Trafford, en Angleterre, on vit ce match comme si l'on y était, avec la sensation de faire partie du public. Une expérience fascinante, même si l'on aimerait que l'immersion soit aussi sonore.

Malgré plus de 250 dollars la place , le succès est total pour ce dôme d'un nouveau monde, qui s'est depuis exporté au Texas, à Dallas et en Géorgie, à Atlanta, avant de très prochaines ouvertures programmées sur le territoire américain. Après le virtuel, place au réel. Avec cette Coupe du monde qui a débuté le 11 juin, les États-Unis et notamment L. A. vont être au centre de l'attention.

C'est aussi pour cela que le président républicain Donald Trump a souhaité adoucir son image et celle de ses troupes anti-immigration ces derniers mois. Après un premier Mondial en 1994, dont la finale Brésil-Italie s'était jouée au, Los Angeles accueille huit matches, dont le premier de Team USA, dans la nuit du 12 au 13 juin, face au Paraguay, et un quart.

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