Le mouvement lycéen a rebondi ce vendredi devant Léonce-Vieljeux, l’établissement du nord de la ville. Jusqu’à la mi-journée, les escarmouches avec les forces de l’ordre ont été nombreuses. Ailleurs, un calme relatif a prévalu
La Rochelle : colère lycéenne et panache de fumée noire au nord de la ville avant l’éparpillement des manifestants© Crédit photo : XAVIER LEOTY/ SOLe mouvement lycéen a rebondi ce vendredi devant Léonce-Vieljeux, l’établissement du nord de la ville.
Jusqu’à la mi-journée, les escarmouches avec les forces de l’ordre ont été nombreuses. Ailleurs, un calme relatif a prévalu’heure du déjeuner approche aux abords du lycée Léonce-Vieljeux, au nord de la ville. Les lycéens ont l’estomac dans les talons et les rasades de gaz lacrymogène leur ramonent les narines. Il y a comme un flottement.
Soudain, une clameur emplit l’avenue du 11-Novembre. Fort de plusieurs dizaines de personnes, un cortège étudiant arrive en renfort, en provenance des Minimes, via la gare SNCF. Il reprend à pleins poumons le célèbre slogan « Siamo tutti antifascisti » à l’approche du cordon policier... ’heure du déjeuner approche aux abords du lycée Léonce-Vieljeux, au nord de la ville.
Les lycéens ont l’estomac dans les talons et les rasades de gaz lacrymogène leur ramonent les narines. Il y a comme un flottement. Soudain, une clameur emplit l’avenue du 11-Novembre. Fort de plusieurs dizaines de personnes, un cortège étudiant arrive en renfort, en provenance des Minimes, via la gare SNCF.
Il reprend à pleins poumons le célèbre slogan « Siamo tutti antifascisti » à l’approche du cordon policier qui interdit l’accès au lycée. Les forces de l’ordre reculent de quelques dizaines de mètres. Chauffée à blanc, une poignée de lycéens – authentiques ou supposés – s’avance vers elles, rue des Gonthières. De nouveau, les cartouches de lacrymo pleuvent et les troupes de jeunes s’égaillent en tous sens avant de se reformer pour une nouvelle escarmouche.
Un barrage enflammé est promptement érigé en travers de l’avenue du 11-Novembre. Des poubelles et des plots en plastique y sont engloutis et dégagent une épaisse fumée noire. Des bombes de déodorant y éclatent épisodiquement. C’est reparti.
Au fil de la matinée, c’est ce quartier qui a concentré la colère lycéenne.. À Léonce-Vieljeux mais aussi au lycée Jean-Dautet, en centre-ville. À René-Josué Valin, en bordure de Villeneuve-les-Salines. À Antoine de Saint-Exupéry, à proximité du stade Marcel-Deflandre.
Devant le lycée de Rompsay, au bord du canal éponyme, un bus et ses passagers avaient été violemment agressés. Mais en prévision de nouveaux troubles, plusieurs établissements ont pris les devants en annonçant leur fermeture dans la soirée de jeudi : les lycées Dautet et Saint-Exupéry, La Rochelle Université, le CMA formation Lagord , etc. D’autres, comme Valin, ont permis aux élèves de se rendre en cours en empruntant une entrée secondaire, dûment surveillée.
L’entrée s’effectue au compte-gouttes au matin et les sacs sont ouverts. La police est là, visible et dissuasive, devant Rompsay. Incident notable chez les voisins de Pierre-Doriole, le portail principal affiche un air penché en fin de journée. Il aurait été attaqué par un petit groupe.
Face-à-face tendu rue des Gonthières, avant de nouvelles salves de gaz lacrymogène. À Vieljeux, qui était censé ouvrir normalement ce vendredi, les portes se referment avant 8 heures. La colère y gronde. Des objets de chantier s’empilent devant l’établissement.
Quelques instants plus tard, une première poubelle est incendiée devant l’entrée principale.
« Ceux qui allument les feux ne sont pas de Vieljeux. Mais comme les autres lycées sont fermés, ils viennent tous ici. Hier , il n’y avait que des élèves de l’établissement sur le blocus et tout s’est bien passé », explique un groupe de lycéens. Ceux-ci sont mal à l’aise avec les provocations d’une minorité, vêtue de noir et cagoulée.
Ses membres ramassent des pierres et les expédient vers les policiers. La tension s’installe. En retour fusent des paraboles de gaz lacrymogène et claquent sporadiquement les lanceurs de balles de défense . Manque de chance pour les manifestants, le vent dominant les enveloppe de gaz quand ils refluent vers le haut de la rue des Gonthières.
Sur place, des hospitaliers du syndicat SUD leur portent secours, des flacons de sérum physiologique en main. Semblables aux mots clamés partout en France, les revendications exprimées jeudi remontent en surface :, le prix de la restauration scolaire, la pression instaurée par Parcoursup et le sentiment d’être destiné à échouer sur une voie de garage… « Il y a des jeunes qui prennent des antidépresseurs à 15 ans. On va tous finir en burn-out.
On est une jeunesse déprimée », partage une jeune femme qui souhaite conserver l’anonymat.
« On avait lancé une pétition qui est restée sans suite. Comme on refuse de nous écouter, on utilise la manière forte », prolonge sa camarade. Dans les rangs, il est fortement question d’un regroupement à la mi-journée place de Verdun. Mais la mobilisation s’effiloche, faute d’organisation claire.
Seuls des petits groupes gagnent l’endroit, où tout rassemblement est interdit par un arrêté préfectoral. Les lycéens échouent sur les marches de la cathédrale Saint-Louis, usés. Peu parmi eux ont entendu parler de l’intervention, le matin même, de Nicolas Castoldi, le recteur de l’académie de Poitiers.
« Le dialogue est ouvert », a assuré celui-ci en espérant que « la semaine prochaine soit très différente de celle que nous venons de vivre ». À lundi. Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.
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