En France, les demandes de congélation d’ovocytes augmentent : âge d’accès, parcours, coût réel et limites à connaître avant de se lancer.
Sur son compte Instagram, la docteure Sophie Zaimi raconte son choix de congeler ses ovocytes à la trentaine. En France, cette démarche progresse parce qu’elle est désormais accessible sans motif médical, sous conditions d’âge, mais elle reste un parcours long, encadré et sans garantie de grossesse.
Une démarche devenue possible sans motif médical Depuis la loi de bioéthique de 2021, l’autoconservation ovocytaire peut être demandée sans raison médicale. En France, hors indication médicale, le prélèvement d’ovocytes est autorisé à partir du 29e anniversaire et jusqu’au 37e anniversaire. Leur utilisation ultérieure dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation peut avoir lieu jusqu’au 45e anniversaire de la femme qui portera l’enfant. Cette évolution explique en partie pourquoi le sujet devient plus visible.
L’Agence de la biomédecine a recensé plus de 20 700 demandes de première consultation en 2025, contre plus de 15 500 en 2024. Ces chiffres montrent une hausse nette de la demande, sans dire pour autant pourquoi chaque femme s’engage individuellement dans ce choix.
Dans la vidéo, la docteure Sophie Zaimi décrit justement une décision qui n’a pas été instantanée : le projet aurait mûri pendant plus d’un an, notamment après des échanges avec des amies trentenaires déjà passées par une préservation ovocytaire. Elle raconte aussi que la découverte d’une endométriose a accéléré son parcours. Ce point est important : certaines maladies pouvant altérer la fertilité, comme l’endométriose, peuvent relever d’une autoconservation pour motif médical, à distinguer de l’autoconservation dite “sociétale”.
Pour mieux comprendre ce cadre, notre dossier sur la congélation des ovocytes pour préserver sa fertilité détaille les conditions d’accès et les étapes du parcours. Concrètement, à quoi ressemble le parcours ? Ce témoignage Instagram rappelle que derrière une phrase simple — “je vais congeler mes ovocytes” — se cache une succession de rendez-vous.
La radiologue évoque une inscription à l’hôpital environ un an auparavant, puis des consultations avec une sage-femme, un gynécologue et un médecin biologiste, ainsi que des prises de sang et des échographies destinées à évaluer la réserve ovarienne. La suite passe par une stimulation ovarienne. Dans son cas, elle raconte avoir réalisé des injections sous-cutanées le soir pendant neuf jours, avec des hormones stimulant les ovaires, principalement la FSH, parfois associée à la LH selon les protocoles.
"L'objectif, c'est de permettre à plusieurs follicules de se développer en même temps". Cette étape vise à obtenir plusieurs ovocytes au lieu d’un seul cycle ovulatoire habituel. Vient ensuite la ponction, réalisée sous anesthésie, puis la vitrification : les ovocytes sont conservés à très basse température pour une éventuelle utilisation plus tard. Le délai peut aussi peser dans la décision.
Le compte parle d’un parcours d’environ un an ; au niveau national, l’Agence de la biomédecine indiquait un délai moyen de prise en charge de 11,7 mois en 2025, avec des variations selon les centres. Anticiper ne signifie donc pas se précipiter, mais intégrer que l’accès au parcours peut prendre du temps.
Ce que la congélation change vraiment… et ce qu’elle ne promet pas La vitrification permet de conserver des ovocytes prélevés à un âge donné, pour tenter plus tard une AMP. Mais elle ne “stoppe” pas l’horloge biologique au sens large et ne garantit ni une grossesse, ni une naissance. Les chances dépendent notamment de l’âge au moment du prélèvement, du nombre d’ovocytes conservés et du parcours d’AMP ultérieur.
C’est aussi là qu’il faut nuancer l’idée d’une prise en charge “à 100 %”. Pour une autoconservation sans motif médical, le prélèvement est pris en charge par l’Assurance Maladie, mais les frais annuels de conservation des gamètes restent à la charge de la personne.
Enfin, viser une dizaine à une quinzaine d’ovocytes matures autour de 30 ans peut correspondre à un ordre de grandeur discuté en pratique, mais ce n’est pas un seuil officiel ni une assurance bébé. Les recommandations américaines de l’ASRM soulignent qu’il n’existe pas d’essai randomisé permettant de fixer un nombre optimal valable pour toutes.
Avant d’entrer dans ce parcours, les questions utiles à poser au centre concernent donc : Congeler ses ovocytes peut donc offrir une possibilité supplémentaire, pas une certitude. C’est précisément cette nuance qui rend l’information médicale indispensable avant de décider. Sources Partager sur :
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