Le rapport de la Cour des comptes sur le système de retraite révèle un déficit bien plus important que les estimations de François Bayrou. Face à cette situation préoccupante, une nouvelle réforme des retraites semble inéluctable.
Jeudi dernier, Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, a remis à François Bayrou les conclusions tant attendues de la « mission flash » confiée par le Premier ministre. Cette mission avait pour objectif d'établir la « vérité des chiffres » sur le système de retraite, un sujet régulièrement au cœur de controverses et de batailles autour de la réalité du déficit .
François Bayrou, qui défend depuis plusieurs années une position controversée, minoritaire parmi les économistes et très critiquée par les syndicats, estime le déficit lié aux retraites à 55 milliards d'euros. Cette estimation diverge largement du chiffre du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui situe le déficit à 6,1 milliards d'euros en 2024 et jusqu'à 0,4 % du PIB en 2030, soit 14 milliards d'euros selon son « scénario de référence ». Le rapport de 95 pages de la Cour des comptes a été très attendu pour trancher ces estimations et fournir des chiffres qui serviront de base de discussion entre les syndicats et le patronat afin d'améliorer la controversée réforme de 2023 et peut-être même imaginer la suite pour pérenniser le système de retraites par répartition. La Cour des comptes a infirmé les calculs de François Bayrou, estimant cependant que le déficit du système de retraite devrait atteindre environ 15 milliards d'euros en 2035 et 30 milliards d'euros en 2045. « Soyons lucides », la dégradation des finances du système de retraite dans son ensemble sera « nette, rapide, croissante », a déclaré le Premier président Pierre Moscovici à la presse. Le régime général « concentrerait l'essentiel du déficit à l'horizon 2045 », en raison notamment d'une « forte dégradation du ratio entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités ». Pierre Moscovici a également précisé qu'« il n'existe aucun déficit caché des retraites des fonctionnaires », mais seulement « deux comptabilités différentes » de « la contribution de l'État ». Cette affirmation constitue une réponse cinglante à François Bayrou qui avait affirmé lors de sa déclaration de politique générale qu'il existait d'un déficit de 45 milliards assuré par l'État. Pierre Moscovici a rejeté « les analyses » appelant à comparer les taux de cotisation employeur des secteurs public et privé, estimant que ces régimes très différents « ne sont pas comparables ». « Surtout, ce débat est sans incidence » sur le déficit global des finances publiques, a-t-il ajouté. Matignon a par conséquent remis en question ses précédentes déclarations, confirmant qu'il n'y a « aucun chiffre caché », mais seulement « un problème de lisibilité » que le rapport vient mettre en lumière... Reste que l'ampleur des déficits à venir est jugée « inquiétante » et que pour les endiguer, la France n'échappera pas à une nouvelle réforme des retraites. Pierre Moscovici a mis en garde contre « une dégradation nette, rapide et croissante » des comptes malgré les économies très modestes permises par la réforme de 2023. « La réforme de 2023 a bien eu des effets positifs sur la trajectoire du système de retraite, mais elle ne suffit pas à couvrir les besoins de financement du système, loin de là », assure Pierre Moscovici. Abroger cette réforme impliquerait de trouver 10 milliards d'euros supplémentaires, qui s'ajouteraient au déficit prévu
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