Le fondateur du label indépendant Born Bad partagent ses souvenirs musicaux, entre culture underground française, disques de.collection et就是对英国亚文化的热情以及青春年代的音乐记忆。
Jean-Baptiste Guillot, JB pour les intimes, est le fondateur du label indépendant Born Bad qui fête ses 20 ans. Collectionneur né, il arpente les brocantes et les puces pour dénicher des perles.
On lui doit la production de la crème de la scène underground française. Ce soir, il fait sa Radio de...ce titre mythique a pour moi une couleur particulière. Cette voix, cette mélodie me rappellent mon père, le domicile familial en banlieue parisienne. A la maison, mon père n’avait que deux disques : la symphonie pastorale et celui-ci, alors autant dire qu’il a imprégné toute ma jeunesse, du moins avant que je n’affirme mes goûts.
Mais avant de choisir ce que j'écoutais, de faire mes propres choix, il a fallu en passé par ceux de mon frère, Xavier, mon ainé de 15 ans, qui monopolisait la platine avec ses Higelin, ses Lavilliers.plébiscité par mon frère à tourner encore et encore sur la platine du salon. Il avait peu de disques, alors je les quelques-uns qu'il avait acquis, ai subi toute mon enfance.
On a oublié aujourd’hui comment Lavillier a été une star dans les cités, dans les quartiers. En écoutant « Traffic », on entend Saint-Etienne, les années 1980, la fermeture des mines, et on comprend pourquoi il était tant aimé des loulous et des blousons noirs, comme mon frère. Après avoir subi les goûts des autres, de mon frère notamment, j’ai pu découvrir ce que j’aimais vraiment, à l’adolescence.
Je suis tout de suite séduit par toutes les sous-cultures anglaises - les Punks, les Skins, les Rockeurs, les Mods. Avec ma bande, mes amis, on s’inspire de tout cela et on hybride les genres. On s’achète des vieux scooters des années 1950, on les bricole, on va en soirée avec cette idolâtrie de l’Angleterre, jusqu’à enfourché nos 50 cm³, direction Calais ou Dieppe, puis Brighton, New Haven, l’Île de Wight, pour passer une soirée sur la bande son du.
Et dans ces soirées, il y avait notamment ce morceau de Tommy Neal, qui revenait bercer ces nuits anglaises de notre fin d’adolescence. Au cours de ces soirées, j’ai aussi été surpris d’entendre un DJ passer un titre, qui deviendra d’ailleurs déterminant de tout ce que j’ai pu faire par la suite.
Ce titre des 5 gentlemans, enregistré en France en 1966, est une pépite qui m’a révélé qu’en France aussi on avait une scène underground qui allait au-delà de Dutronc et de Gainsbourg. Nous aussi on avait une pop musique folle, un patrimoine à dénicher. Et par la suite, je n’ai fait que cela, chercher dans les brocantes et les puces pour exhumer ces pépites de notre patrimoine underground français, et les rééditer.
A l’issue de plusieurs années de recherches, à brasser des milliers de 45 tours, je me suis mis à faire la compilation Wizzz!. Le premier disque qui regroupait ces artistes français pop sixties décalés s’appelait la WIZZZ french psychorama 1966-1969. Les gens ont pu découvrir, dans cette compilation sortie en 2002, des titres qui sont depuis devenus des classiques. Ce premier disque est mon galop d’essai.
Cette quête et cette documentation de la contre-culture à la française m’ont beaucoup appris sur ce qu’avait été la scène musicale française, aventureuse et audacieuse, au-delà de Piaf, Vartan, Ferrer, Anthony. A l’époque, j’ai aussi fait ce disque pour qu’il soit ma carte de visite, moi qui voulais travailler en maison de disques mais qui n’était pas du sérail. Il m’a permis de démarcher les majors et d’entrer dans l’industrie.
Après quelques années en major, licencié et un peu amer du système, j’ai décidé de créer mon label, selon mes idéaux, Born Bad est né. Et ma première signature, c’est le groupe Frustration. Quand on les écoute, on a du mal a imaginé que Fabrice Gilbert, qui est au chant, à plus de 60 ans, qu’il en a passé 30 ans a travaillé chez Kiloutou et qu’il passait ses week-ends sur les routes des concerts avant de retourner bosser.
Ce groupe que j’aime tant est dans l’ADN de Born Bad au point qu’aujourd’hui, Marc Adolf, qui est à la batterie, est le tenancier du disquaire Born Bad, à Bastille à Paris. Au fil des années, j’ai sorti beaucoup de disques, le label marchait bien et j’étais rassuré sur ma capacité à sortir des albums. Mais je revendiquais une radicalité et une forme d’audace, donc j’aspirais à autre chose. J’ai voulu faire des projets plus radicaux, des collaborations improbables.
C’est comme cela qu’est né le projet entre le groupe Cheveu, un groupe punk-arty bordelais, et le groupe sahraoui Doueh. On est parti là où il était, à Dakhla, dans le Sahara occidental, sans filet, pour monter un studio, dans l’espoir de réussir à fusionner leurs univers. Et ce projet, que je n’ai pas porté seul, est à mon sens génial, terrible, épique ! Il fera date, j'en suis convaincu !
Parmi les autres groupes qui ont marqué de leur empreinte le label, il y a La Femme. Je me souviens des premières fois où je les ai vu sur scène, la jubilation de voire des jeunes se déchainer sur des inspirations qui avaient été les miennes, ce chaos joyeusement mis en scène dans une tonalité cabaret.
Ils étaient des enfants des compilations Wizzz et Bip, ils connaissaient le label, et ils ont accepté de co-signer chez moi pour les vinyles, en plus de chez Barclay. Ils me sont toujours restés loyaux, et je les remercie pour ça.
Quand j’ai fondé le label, j’ai, dès le début, voulu le déployer dans deux directions : produire les artistes de la scène actuelle française pour être un acteur de la scène locale, mais aussi continuer les rééditions, comme je l’avais fait avec Wizzz, pour documenter des artistes français restés confidentiels. Des projets comme celui-là, j’en ai fait plein, mais aujourd’hui je veux vous parler de Mohamed Mazouni, chanteur algérien que je suis allé rencontrer, chez lui.
Ensemble, on a fait la compilation, vrai témoignage de la vie d’un immigré algérien de la première génération. Ce moment, ce périple sont l’un des mes plus beaux souvenirs. J’ai toujours eu des profils d’artistes singuliers, alors le label a souvent été raillé. Il y a un certain romantisme à produire des artistes spéciaux, marginaux et j’ai eu mon lot d’artistes difficiles, pour ne pas dire ingérables et incontrôlables.
Ce sont des artistes qui cherchent, qui doutent, qui ne se perçoivent pas eux-mêmes en tant qu’artistes. C’est très plaisant de les aider à se révéler et à se réaliser, de les aider à extraire leur talent de leurs dérives et de leurs errances. Il y en a beaucoup dans mon catalogue, mais ce soir on va écouter le Villejuif Underground de l’australien Nathan Roche.
Nathan était sans papier, sans visa, vivait dans la cabane au fond du jardin, dans une collocation improbable… Une bande à pénibles que j’aime beaucoup ! Pour terminer, je dois vous parler de ce projet fou : le Star Feminine Band. Ce groupe de Natitingou, un village reculé du nord du Bénin, n’est composé que de filles.
Il a une histoire folle, il m’a sorti de ma zone de confort et à, ces dernières années, cultiver ma flamme, ma passion pour la musique. Ces filles, qui ont entre 7 et 13 ans et qui viennent d’un endroit où il n’y a pas vraiment de femmes instrumentistes, m’ont mis une vraie claque et je suis si heureux qu’André Balaguemon m’ait appelé pour travailler avec elles. C’est une chance inouïe que j’ai eu de les produire.
Le label Born Bad Records fête ses 20 ans cet automne, et vous pouvez le célébrer de plusieurs façons : avec une exposition à L'Arsenal de Metz, du 28 novembre 2026 au 17 janvier 2027, consacrée à l'univers visuel et à l'histoire du label avec une compilation anniversaire en édition limitée, où des artistes Born Bad reprennent des artistes Born Bad, distribuée à la Fnac et chez les disquaires indépendants et avec une tournée exceptionnelle, « BB 20 ans on tour », qui s'est ouvert hier, le samedi 3 octobre au Théâtre du Châtelet, à Paris. La tournée se poursuit à Lyon , Bruxelles , Tours , Bordeaux , Clermont-Ferrand , Pau , Limoges , Metz et Alençon , d'autres dates seront annoncées prochainement. , nouveau projet de Matthieu Pellerin d'Oi Boys.du duo, interprétés par Ian Stevenious , Ben Shemie , Jessica93 et d'autres. Le 19 mars 2027, Frustration reviendra avec son septième album. Paul Mirabel dans"Paul" :"On s'est autorisé ce que je ne ferais pas dans la vraie vie et notamment certains looks, certaines répliques, certaines situations"
Jean-Baptiste Guillot Born Bad Musique Underground Label Indépendant Souvenirs Musicaux
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