L’acteur révélé par le Palmashow dévoile ce dimanche 4 octobre à Saint-Jean-de-Luz, sa première réalisation, « Gilles United » (15 heures).
Gilles Le Diben, père de famille quadragénaire joué par Grégoire Ludig, remporte au début du film le concours de la « Golden barre », la barre en or, à la mi-temps d’un match du FC Lorient.
© Crédit photo : Apollo films distributionGrégoire Ludig au Festival du film de Saint-Jean-de-Luz : « Quand je regarde un match de foot, il y a toujours ce moment où je me dis : ‘‘Putain, mais j’aurais pu la mettre ! ’’ » Gilles Le Diben, père de famille quadragénaire joué par Grégoire Ludig, remporte au début du film le concours de la « Golden barre », la barre en or, à la mi-temps d’un match du FC Lorient.
L’acteur révélé par le Palmashow dévoile ce dimanche 4 octobre à Saint-Jean-de-Luz, sa première réalisation, « Gilles United » . Une tendre et drôle déclaration d’amour au football amateur, en même temps qu’une réflexion sur la manière de se réinventer autour de la quarantaine Gilles Le Diben a 41 ans. Bientôt 42. Ce moniteur d’auto-école, ancien footballeur honorable, fatigue ses proches avec sa passion du ballon rond restée envahissante.
Lorsque sa femme Marie et sa fille Louise n’en peuvent plus, il pense pouvoir regagner leur amour en démarrant… la carrière pro dont il a toujours rêvé. Grégoire Ludig, qui campe le quadragénaire déboussolé, signe à partir de ce scénario loufoque « Gilles United », son premier opus en tant que réalisateur et sans son complice du Palmashow, David Marsais .
Il sera présenté pour la première fois, ce dimanche, au Festival du film de Saint-Jean-de-Luz. Tout à fait. C’est un film très personnel. Ça fait des années qu’il est là, que je l’écris, que je le laisse un peu reposer parce qu’entre-temps, on a eu pas mal de projets.
J’avais envie de le faire, de le mettre... Tout à fait. C’est un film très personnel. Ça fait des années qu’il est là, que je l’écris, que je le laisse un peu reposer parce qu’entre-temps, on a eu pas mal de projets.
J’avais envie de le faire, de le mettre en scène, de le jouer. C’est à la fois un hommage aux gens que j’aime et au football. Je voulais réaliser une fiction, une sorte de comédie romantique, familiale. Ça parle de la famille, de la construction, de la reconstruction, de la déconstruction.
Quand on a 40 ans et qu’on est installé dans une vie, une routine, à quel moment on se réinvente ? Les choix arrivent à des moments différents, il n’y a pas de mieux ou de moins bien. Parfois, on peut ne plus être en phase avec les gens qu’on aime. Mais au final, on peut se battre quand même.
J’aime bien avoir cette vision un peu utopique ou naïve de me dire que l’amour peut vaincre. Le foot sert de toile de fond à l’histoire. Y a-t-il une part autobiographique dans le personnage de Gilles ? Quand je regarde un match, il y a toujours ce moment où je me dis : « Putain, mais moi, si je m’étais entraîné, j’aurais pu la mettre !
» Ça part de ce postulat. Après, il est bien évident que le rêve de devenir footballeur est éteint depuis très longtemps. Je devais avoir 14 ou 15 ans, j’avais acheté le « Onze Mondial » du mois de juillet. A la fin du magazine, il y avait toutes les adresses des sièges sociaux des clubs.
J’avais fait une petite lettre de motivation à tous les clubs professionnels qui existaient.
« Je m’appelle Grégoire, j’ai envie de devenir footballeur professionnel. Voilà où je joue, mon poste, mes aptitudes ». J’avais reçu des réponses de deux centres de formation, ceux du Mans et de Metz, qui me disaient de venir faire des sélections. Je n’y suis jamais allé.
Est-ce qu’en moi, je savais que je n’avais pas le niveau ou qu’au final, ce n’était peut-être pas la destinée qui m’attendait ? J’ai joué une bonne vingtaine d’années à l’AS Montigny-le-Bretonneux, puis à l’USY, l’Union sportive des Yvelines. Au départ, j’étais numéro 10. Et puis, avec les années, on m’a gentiment demandé de reculer en défense.
J’étais le dernier rempart avant le gardien . Oh là là, j’en suis à faire des « five » le lundi soir à Porte d’Aubervilliers avec des potes. J’en suis au foot plaisir ! Diriez-vous que c’est un film pour amateurs de foot, pour amateurs de sport ou un film pour tout le monde ?
J’aime à penser que c’est un film pour tout le monde. Les amateurs s’y retrouveront, parce qu’il y a cette culture du foot populaire, des barbecues d’avant match et de tournois, des familles qui tournent pour emmener les enfants dans leurs voitures, le côté ambiance de district. Malgré tout, le foot n’est pas l’histoire centrale du film. On aurait pu parler de danse, de GRS, de peinture, de sport extrême.
Il fallait juste qu’il y ait une ferveur, une passion. J’ose espérer que quiconque puisse entrer dans cette histoire, parce qu’il y a les liens et des enjeux familiaux hyper forts. Vous êtes originaire de région parisienne mais le tournage s’est fait en Bretagne. Pourquoi ?
Déjà, j’avais envie de raconter une histoire qui ne soit pas parisienne. J’adore Paris, attention, mais ce n’est pas la France, il se passe beaucoup d’autres choses ailleurs. Les paysages bretons étaient parfaits. La mer représente le champ des possibles, l’horizon, une sorte d’infini, de rêve.
C’est mystérieux et cinématographique. Je voulais aussi un club qui vibre football, celui de la sortie familiale du samedi, après avoir travaillé dur toute la semaine. Et il fallait que le stade soit joli à filmer. Le Moustoir est hyper cinématographique, hyper graphique.
Le FC Lorient répondait à tout ça. Bernard Campan joue votre père. Vu la filiation entre les Inconnus et le Palmashow, c’était très symbolique ? Oui.
J’avais en face de moi quelqu’un dont j’admire - je pèse mes mots - le travail. Lui et ses comparses des Inconnus. Je pourrais me vanter d’être dans les personnes qui ont le plus vu leurs sketchs au monde. Avec David, on a dû les regarder des milliers de fois.
Ce sont eux qui nous ont inspirés, avec Les Nuls. Avoir Bernard qui joue le rôle de Georges, mon père dans le film… ce clin d’œil du père spirituel et artistique, c’était symboliquement super fort. Nina Meurisse interprète votre femme, Marie, adepte des imitations plus ou moins réussies. Les avaient-elles déjà dans sa palette ou a-t-elle dû les apprendre ?
Elle aime beaucoup en faire. Nina est très spontanée et drôle. Elle m’a fait des propositions, elle a été hyper généreuse. Au final, ça marche super.
Marie, c’est celle qui est censée tenir la baraque, et en fait, tu te rends compte qu’elle est aussi à côté de la plaque sur plein de trucs. Ce n’est pas manichéen. Comme dans la vie, j’ai l’impression. Le film est centré sur Gilles, mais les seconds rôles ne sont pas du tout délaissés.
C’était essentiel ? Oui. J’aime ces films à la culture anglaise où chaque rôle a quelque chose à dire, où il y a une petite étincelle dans tous les personnages. Je n’avais pas envie de les brader.
Ce sont eux qui font avancer le récit, sinon ça ne marche pas. Et j’aime instaurer ce côté bande, que l’on peut avoir dans un village, avec des gens cultes, au bar-restaurant, à l’auto-école du coin, etc. Tout le monde les connaît. Le mot United du titre correspond bien à cette ambiance de troupe. Pour revenir au monde du football amateur, on ne sent ni critique, ni condescendance.
Plutôt de la tendresse ? Plus que de la tendresse, de l’affection. De la nostalgie aussi, parce que ça ramène à l’enfance, à plein de souvenirs, à une époque insouciante. Oui, c’est clairement une déclaration d’amour pour le foot amateur.
On ne se rend pas compte à quel point ça demande de l’énergie et du bénévolat un club, tous les gens qui œuvrent, les intendants, les trésoriers, les présidents, les entraîneurs, les jardiniers, les personnes qui réparent les infrastructures. Tout le village met la main à la pâte.
Les sponsors des maillots de district, c’est toujours les commerçants du coin, qui sont très heureux de filer le nom de leur boîte pour qu’elle soit représentée lors des matchs et pour que les gamins puissent aller jouer. J’ai l’impression que la ferveur peut être la même, peu importe le sport. Les fans de rugby de Saint-Jean-de-Luz sauront se projeter avec du rugby ou tout simplement apprécier le fait qu’on parle du football.
Je ne savais pas, je suis content de l’apprendre. Après, il y a des clubs qui ne vont pas pouvoir rentrer, je suis désolé Questions courtes, réponses du tac au tac. Grégoire Ludig le fan de foot s’est prêté au jeu. Je le savais.
J’ai dit Fabrice, mais c’est son frère. Une des premières que j’ai eues quand j’étais jeune, le PSG-Real de 1993, avec le but de Kombouaré à la 95e. Celle-là, elle était folle. L’égalisation de Mbappé, pour le 2-2 en finale de la Coupe du monde contre l’Argentine en 2022.
Il nous a fait exploser celui-là. J’hésite entre France-Bulgarie et la remontada . Dudek dans les buts, Smicer, Hyypia, Cissé, Xabi Alonso, Steven Gerrard, Jamie Carragher, Traoré, Riise, Milan Baros. L’entraîneur c’était Benitez .
L’USY, c’est l’US Yvelines, où il a été joueur, mais aussi le nom du club de foot dans le film, l’US Ycquirec. Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.
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