'De l'inquiétude sur l'aggravation de la situation': le gouvernement sous la pression de la mobilisation lycéenne

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'De l'inquiétude sur l'aggravation de la situation': le gouvernement sous la pression de la mobilisation lycéenne
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Surpris par l'ampleur de la contestation dans les établissements scolaires, l'exécutif tente de rattraper la situation. Au garde des Sceaux le message de fermeté passé aux magistrats, au ministre de l'Éducation nationale l'ouverture du dialogue.

Surpris par l'ampleur de la contestation dans les établissements scolaires, l'exécutif tente de rattraper la situation. Au garde des Sceaux le message de fermeté passé aux magistrats, au ministre de l'Éducation nationale l'ouverture du dialogue.

Une réponse trop tardive?

"Il y avait de l'inquiétude sur l'aggravation de la situation", reconnaît auprès de BFMTV un ministre présent lors du Conseil des ministres ce jeudi. Depuis une dizaine de jours, des mobilisations ont lieu dans les établissements scolaires un peu partout en France. Au total ce jeudi, 1.027 établissements, sur environ 3.700 lycées en France,"ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Ce vendredi,d'après des chiffres communiqués par l'Éducation nationale.

Des universités ont par ailleurs rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués. L'exécutif n'a-t-il pas assez pris au sérieux l'ampleur des manifestations ou a-t-il tablé sur un éventuel essoufflement? En dehors deentre le Premier ministre et le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko , l'exécutif a semblé plutôt en retrait lors des premiers jours du mouvement.

"En général, les lycéens bloquent l'entrée de leur établissement avec quelques poubelles, ça dure trois jours et c'est fini. Il n'y avait pas vraiment de raison de surréagir", défend un ancien conseiller ministériel de Pap NDiaye, ministre de l'Éducation nationale . Mais ces derniers jours, la situation a évolué. Si les blocages de lycées sont en effet loin d'être rares, des mobilisations parfois émaillées de violences sont venues troubler le jeu.

À Marseille, la porte du lycée Victor-Hugo, près de la gare Saint-Charles en plein centre-ville, a étéavec des poubelles enflammées et un fourgon stationné devant a partiellement brûlé. Le proviseur de l'établissement et un autre membre du personnel ont reçu des projections d'essence mais sans être blessés. , et neuf établissements ont subi des dégradations, selon la préfecture de Loire-Atlantique.

À Tours, un jeune homme a été gravement blessé à l'œil par la police,Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement, a dénoncé"une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines".

"On rentre dans une zone à haut risque. Des lycéens blessés, même s'ils sont en tort, ce sont toujours des images dangereuses, encore plus en pleine présidentielle", soupire un député macroniste, qui se dit"inquiet d'un certain retard à l'allumage du gouvernement".

"La jeunesse, ce n'est pas notre terrain préféré. Elle est très à gauche, très LFIste. Clairement, ce ne sont pas nos codes", soupire le même élu du centre. , dont le mouvement est mis en cause par l'exécutif dans les violences autour du mouvement lycéen, a en tout cas accusé le gouvernement d'avoir"mis 10 jours à renoncer à une stratégie du pourrissement" ce vendredi surL'exécutif est en effet bien décidé à reprendre la main.

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a ainsi demandé ce vendredi matin suraux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants lors du mouvement de blocage des lycées, afin de leur faireles associations lycéennes, à commencer par l'Union syndicale lycéenne, fer de lance de la contestation, des parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Et de demander l'aide des familles.

"Dans la rue, les enfants sont en danger", a souligné Édouard Geffray sur BFMTV avant ce rendez-vous. Suffisant pour faire redescendre la pression? La réponse est tombée rapidement. À peine sortis de leur rendez-vous avec le ministre, les représentants lycéens ont appelé à"poursuivre la mobilisation", affichant leur déception face à ce qu'ils ont jugé être une absence de réponse tangible à leurs demandes.

"Nous ne lâcherons rien tant que nous n'avons pas d'annonce concrète", a regretté Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne, à l'issue de l'entretien. "Notre chance, c'est qu'il n'y a pas de revendications globales mais des demandes très disparates et ça, ça rend peu probable que le mouvement dure. Ce n'est pas le CPE non plus", observe un bon connaisseur du ministère de l'Éducation nationale. La référence a en effet de quoi donner quelques sueurs à Sébastien Lecornu.

En 2006, alors chef du gouvernement, Dominique de VillepinTrès vite, cet outil, réservé aux moins de 26 ans et qui devait permettre une période d'essai de deux ans au lieu de huit mois maximum, met les salariés et la gauche dans la rue, avant que. Face à l'une des plus grandes manifestations des dernières décennies, Jacques Chirac, lâché par ses propres troupes qui ont refusé de soutenir le texte à l'Assemblée nationale, finit par reculer.

En attendant, une mesure susceptible de faire l'unanimité contre elle parmi la jeunesse a été retirée manu militari. Annoncé jeudi matin lors de la présentation du budget de l'État pour 2027, le gouvernement a finalement annulé quelques heures plus tard"On a lâché trop tôt. On se prive d'une porte de sortie qui aurait pu être bien utile si le mouvement durait", lâche un cadre macroniste. À la faveur du week-end, l'ampleur du mouvement redescendra-t-elle?

Pas certain. Ce mardi 6 octobre, les syndicats ont d'ores et déjà appelé à la grève des personnels enseignants et des agents publics pour"soutenir les mobilisations lycéennes". DIRECT.

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