Ludovic Fournet a toujours été passionné par les chevaux. Après un parcours peu banal, beaucoup d'humilité et de recherche, il en a fait son métier qu'il exerce depuis le Lot.
Ludovic Fournet a toujours été passionné par les chevaux. Après un parcours peu banal, beaucoup d'humilité et de recherche, il en a fait son métier qu'il exerce depuis le Lot.l’humain ne cherche pas à dominer l’animalAvec plus de 100 000 abonnés sur les réseaux sociaux, une formation en ligne et des stages partout en France, l’une de ses priorités aujourd’hui est de transmettre ses connaissances pour améliorer la relation entre humains et chevaux..
Il le dit lui-même : « J’ai toujours été passionné plus par le cheval que par l’équitation. Je n’ai jamais rêvé devant le Cadre Noir… Enfant très timide et mal à l’aise en société, il grandit entouré de chats, de chiens, et de chevaux. Il se reconnaît dans la culture amérindienne et dans ce rapport très fort avec la nature, les chevaux, les aigles, les ours, les loups. Il se nourrit de lectures comme.
Tout au long de sa vie, cet idéal qui a germé dans son âme d’enfant, il tentera de s’en approcher. Mais revenons à ses débuts à cheval… Un jour, Ludovic rentre de l’école et trouve un poney à la maison. Guy Barry, maquignon et boucher chevalin, décédé aujourd’hui mais alors très connu à Cahors, de mèche avec ses parents qui voulaient lui faire plaisir, lui a ramené un shetland !
« Guy Barry, c’est quelqu’un qui a beaucoup compté pour moi à un certain moment, et même si plus tard, nos chemins ont divergé, je lui suis énormément redevable », nous confie-t-il. En effet, ses parents ayant un peu de terrain et le maquignon cherchant régulièrement des lieux d’accueil temporaire pour les poneys avant de les vendre aux centres équestres, la situation était rêvée pour Ludovic. À 6 ans, Ludovic se retrouve donc avec un petit shetland entier , Mickey, « qui s’échappait tout le temps pour aller voir les juments ». Comme tous les poneys que lui amenait Guy Barry, Mickey n’était pas débourré. Ludovic a donc pris l’initiative de réaliser un « pré-débourrage maison » avant le départ pour l’école d’équitation… « Je le montais avec une serpillière et un gros licol en cuir. Je faisais l’Indien, je n’avais aucune idée de ce que je faisais.
Je tombais, je me relevais… Certains poneys, je les attachais sous un arbre et ensuite je me laissais tomber d’une branche en traction ». Avec le recul, Ludovic explique que « sans la connaissance, on est obligé d’être intuitif et imaginatif » et de passer par la case « inconsciemment incompétent ».
Une phase de liberté dont il se souvient avec bonheur : « le monde est très beau parce que tu ne sais pas que tu as une montagne à gravir pour devenir compétent ». Lot-et-Garonne. Félicien, jeune prodige du tir à l’arc à cheval, rêve d’aller jusqu’aux Jeux Olympiques En 2003, Ludovic se blesse au genou. Puisqu’il ne peut plus monter à cheval, il prend du temps pour lui et pour la lecture.
Quelqu’un lui offre le Le « natural horsemanship » est une méthode de travail plus douce avec les chevaux. Cette approche a été développée dans les années 50 par les frères Dorrance, célèbres « chuchoteurs » et pionniers de l’équitation « éthologique » aux États-Unis. L’auteur californien du Pat Parelli, s’inscrit dans cette lignée.
Son génie a été de remettre au goût du jour ce message et de lui donner un écho mondial grâce aux moyens modernes, le DVD tout d’abord, puis YouTube. En lisant Parelli, Ludovic se dit, avec un peu d’orgueil : « C’est un peu ce que je fais quand même. Tiens, je ne suis pas le seul à penser comme ça.
Il y a un type qui a 50 balais, qui est aux États-Unis et qui parle de ce que moi j’aime faire ». Sauf que Parelli a écrit, a codifié, a développé des techniques. Ludovic n’est plus dans « le flou artistique ». Il va alors améliorer sa technique, approfondir ses connaissances, suivre des stages, traverser des moments de doute et avoir parfois l’impression de repartir à zéro.
« Je rentrais de stage et je me détestais, je me disais : je suis trop nul ». Mais il va vite progresser jusqu’à développer une gestuelle très codifiée, très précise, presque chorégraphique.
Lorsque l’on regarde Ludovic travailler avec un cheval, on peut avoir l’impression qu’il communique par télépathie avec lui… Mais le cheval, entraîné et attentif, comprend très bien ce langage qui passe par la position du corps, les déplacements, le regard, la pression ou le relâchement des mains sur la corde. Je ne rigole pas avec le respect du cheval, la communication, les émotions qu’on va partager mais aussi la technique qu’on va construire ».
Ludovic est par ailleurs un grand amateur d’arts martiaux, une discipline exigeante s’il en est, dont la pratique bénéficie grandement à son activité avec les chevaux. Le Mustang Makeover est une compétition d’entraîneurs de chevaux qui se déroule chaque année en Allemagne. L’association qui l’organise a pour but de participer à la sauvegarde des mustangs sauvages américains en leur trouvant des familles d’adoption en Europe.
Dans l’Ouest américain, les mustangs sont régulièrement capturés par les autorités lorsque leur nombre devient trop important pour les ressources disponibles sur leurs terres. Chaque année, quinze entraîneurs se voient donc confier un mustang sauvage, et disposent de 120 jours pour l’apprivoiser, l’éduquer, et l’entraîner sur trois disciplines. Le challenge est très suivi sur les réseaux sociaux, et le show final attire des milliers de spectateurs !
Ludovic y a participé pour la première fois en 2020, avec Shadow, puis il a remporté l’édition 2021 avec Shaman, son deuxième Mustang.
« J’ai beaucoup de respect pour Shadow, il peut même m’impressionner ». Les mustangs sont d’anciens chevaux domestiques arrivés avec les conquistadors, et qui vivent à l’état sauvage depuis des générations. Ils évoluent dans un environnement contraignant et sont le fruit d’une rude sélection naturelle. Pour Ludovic, c’était l’occasion rêvée de créer un lien avec cette nature sauvage qui le fascine.
Il n’a pas été déçu… Lorsqu’il est parti aux États-Unis avec les autres entraîneurs pour chercher Shadow , le mustang qui lui avait été attribué, ça a été une évidence.
« Dès qu’on a croisé son regard, il n’y avait pas d’autre solution que de le garder, ça s’est décidé en un quart de seconde ». Aujourd’hui, Shadow vit toujours chez Ludovic. Il le considère comme son « maître cheval ».
« J’ai beaucoup de respect pour lui, il peut même m’impressionner. Il peut être très réactif, presque dangereux. Il m’a obligé à être encore plus fin dans ma gestuelle et ma communication », raconte Ludovic.
« Quand j’étais clair avec lui, il était adorable, mais quand je ne l’étais pas assez, il commençait à envoyer des signaux d’agacement. C’est comme s’il me disait : ‘Apprends à mieux me parler et je t’écouterai’». Ludovic est incapable de passer une journée sans prendre du temps avec ses chevaux. Pour lui, c’est comme une méditation, parce que son travail repose beaucoup sur la respiration et la décontraction.
« Il faut être à l’écoute de soi, de ses sens et ne pas se laisser déborder par ses émotions, sinon le cheval va le ressentir et on va polluer la communication », explique-t-il. « Ça m’oblige à me mettre dans le calme. C’est un mot que j’aime, le calme ».
Par amour des animaux et parce qu’il avait parfois l’impression de trahir les chevaux en les rendant à leur propriétaire après les avoir entraînés quelque temps, Ludovic a décidé de transmettre ses connaissances et de se confronter au monde des humains qui lui était bien moins familier que celui des animaux.
« Je me suis rendu compte que le problème de l’équation, c’était l’humain. Si je voulais aider les chevaux à aller mieux, c’était sur l’humain qu’il fallait travailler ». Cerise sur le gâteau, c’est Ludovic lui-même qui s’est rapproché de l’humain au cours du processus, au travers de sa communauté sur Instagram et Facebook, des stages qu’il organise ou du Mustang Makeover où il s’est lié d’amitié avec de nombreux entraîneurs.
Celui qui ne manque jamais d’imagination et de métaphores étonnantes compare son activité à « un joli couteau ».
« Lorsque je travaille sur la relation homme-cheval, je dis toujours : ‘C’est comme fabriquer un joli couteau, il faut qu’il soit simple, efficace, un brin esthétique’ et ça demande un certain talent… Il y a vraiment ce côté artisanal d’aller chercher le beau, l’efficace, le précis, l’utile, mais aussi le futile. On peut juste s’asseoir dans le pré avec les chevaux et bouquiner ou faire une petite sieste.
Moi, les meilleures siestes que je fais, ce n’est pas dans mon lit, c’est dans le pré sous les arbres, avec les chevaux qui viennent se mettre petit à petit autour de moi… Je m’allonge sur le dos, le vent sur la tronche et tout le monde se détend. »Il a fallu des années de travail et de recherches à Ludovic Fournet pour s’approcher au plus près de son rêve d’enfant, celui de pouvoir communiquer et vivre en harmonie avec la vie sauvage.
On peut dire que l’objectif est plutôt réussi ! Mais une chose est sûre, notre insatiable amoureux des animaux ne mettra pas fin à ses aventures de sitôt… D’ailleurs, lui et son épouse Eva, installés sur la commune de Montcuq-en-Quercy-Blanc, sont en train de rénover la vieille ferme attenante à leur propriété pour créer un lieu d’accueil et de partage autour des chevaux avec des activités telles que gîte équestre, cours particuliers, événements autour du cheval… Rendez-vous courant 2027 !
La nouvelle vague de Covid-19 « prend de l’ampleur » en France : quels sont les départements les plus touchés ? Il a effectué plusieurs passages : pourquoi un avion militaire a-t-il largué des parachutistes près de Perpignan ? Ouverture de la pêche à la coquille St-Jacques, un premier chalutier débarque 1 800 kg sur le port de Trouville-sur-Mer
France Dernières Nouvelles, France Actualités
Similar News: Vous pouvez également lire des articles d'actualité similaires à celui-ci que nous avons collectés auprès d'autres sources d'information.
Anglet: Une santé financière robuste malgré les épreuves, d'après la CRCLa Chambre régionale des comptes a publié des rapports sur Anglet révélant une situation financière stable avec une épargne en croissance et un endettement soutenable. Le maire, Claude Olive, a salué ces résultats, tout en reconnaissant les défis soulevés par le rapport, notamment des cas de corruption et des avantages en nature controversés.
Lire la suite »
Bardella riposte à Macron sur l'antisémitisme après les événements d'octobreJordan Bardella, président du Rassemblement National, s'oppose aux critiques du président Macron concernant des propos antisémites. Dans son message, il pointe son engagement en marchant dans les rues de Paris après le 7 octobre 2023, tandis que Macron, selon lui, n'a pas participé à la marche commémorative du 12 novembre. Les déclarations susciteront un débat sur la responsabilité des leaders politiques dans la lutte contre l'antisémitisme et les approches nationales en matière de prévention et de reconnaissance publique. Médiapart et d'autres médias se joignent à la discussion en dénonçant la " violence sidérante " du RN dans ces propos controversés.
Lire la suite »
'Quand la salle est pleine et que les gens nous disent merci, c’est génial' : dans ce village lotois, 80 bénévoles font vivre leur cinéma associatif depuis 30 ansÀ Vayrac, commune de 1 300 habitants, L’Uxello cultive depuis trente ans une belle exception avec un cinéma qui diffuse 350 films par an. Classée Art et Essai, la salle associative doit sa vitalité à l’engagement de...
Lire la suite »
L’étonnant succès touristique d’Albas, cette petite commune lotoiseAlors que le Lot a enregistré une baisse significative de sa fréquentation touristique en 2026, le village lotois a attiré 10 % de visiteurs de plus qu’en 2025, selon « Actu Lot »
Lire la suite »
