Cours à distance ou portes closes : des établissements lyonnais ne recevront aucun élève ce jeudi, alors que les syndicats lycéens appellent à un 'acte deux'.
Cours à distance ou portes closes : des établissements lyonnais ne recevront aucun élève ce jeudi, alors que les syndicats lycéens appellent à un"acte deux".
Des policiers devant un lycée de Lyon. Les syndicats lycéens appellent à une nouvelle journée de mobilisation ce jeudi 1er octobre. Des plus petits de l’école jusqu’aux élèves de terminale, personne n’aura classe ce jeudi 1er octobre 2026 à Charles-de-Foucauld. L’ensemble scolaire privé du 3e arrondissement dea pris la décision mercredi soir.
La raison tient en une phrase : il n’a pas la garantie que des policiers seront là pour sécuriser ses entrées. Après trois jours de tensions autour des lycées de l’agglomération, plusieurs établissements préfèrent ne pas prendre de risque. Les syndicats lycéens, eux, appellent déjà à remettre ça. À l’heure où nous écrivons, deux établissements ont annoncé qu’ils n’accueilleraient aucun élève.
Cette liste peut s’allonger dans la soirée. L’école, le collège et le lycée restent fermés. Le chef d’établissement l’a annoncé aux familles dans un message qu’a pu consulter. Il invoque les incidents survenus mercredi aux abords du lycée et « les informations dont nous disposons concernant la journée de demain ».
Il souligne surtout ne pas disposer « de la garantie d’une présence des forces de l’ordre permettant de sécuriser les différents accès de l’établissement ». Mercredi, à l’heure du déjeuner, des poubelles avaient été incendiées et des mortiers tirés près du lycée. L’une des poubelles avait atterri dans la cour, déclenchant une alerte intrusion. À la Croix-Rousse, l’établissement ne recevra aucun élève non plus, a annoncé la direction aux familles.
Les cours auront lieu uniquement à distance. La direction dit agir en lien avec les autorités académiques. Le quartier a été le théâtre des heurts les plus violents mercredi, avec barricades et voitures incendiées. La tension a aussi gagné l’Est lyonnais.
À Vaulx-en-Velin, un poste de police a été attaqué ce mercredi. Des jeunes ont jeté un cocktail Molotov sur un rideau métallique du poste de police municipale, rue Jules Romains. Le maire, Abdelkader Lahmar, a dénoncé un geste « irresponsable ». Une condamnation qui ne passe pas inaperçue : l’élu est issu de La France insoumise, le parti accusé par le gouvernement d’attiser la contestation.ont choisi leur camp.
Dans un communiqué publié mercredi, ils apportent leur soutien à la mobilisation. Leur établissement, devant lequel des affrontements ont encore éclaté dans la matinée, fait partie du Collectif pour les lycées en éducation prioritaire . Ce réseau de lycées de l’Est lyonnais réclame de réintégrer la carte de l’éducation prioritaire, dont ces établissements disent avoir été exclus il y a plus de dix ans. Dès la rentrée, Doisneau et plusieurs lycées de Vénissieux et Villeurbanne avaient connu des grèves reconduites.
Le mouvement ne faiblit pas dans les appels. L’Union syndicale lycéenne reconnaît une mobilisation en recul mercredi. Mais elle réclame un « acte deux » ce jeudi, a indiqué son président, Ryad Rani, lors d’une conférence de presse commune avec l’Union étudiante, rapporte l’AFP. Les deux organisations appellent à de nouveaux blocages de lycées et d’universités.
Elles visent aussi une grande journée de manifestation le mardi 6 octobre. Leurs revendications n’ont pas varié depuis lundi. Ils réclament le remplacement des professeurs absents, plus de moyens et des conditions d’apprentissage « décentes ». La journée s’annonce sous haute surveillance.
Mardi et mercredi, la préfecture du Rhône a recensé 75 interpellations et 15 blessés, dont un gendarme et sept policiers. Neuf établissements ont dû être confinés après des intrusions. Le préfet assure que les forces de l’ordre restent mobilisées pour que les lycéens puissent étudier « dans le calme ». Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le maire de Lyon, Grégory Doucet , salue la mobilisation de la police municipale.
Il juge les violences « pas acceptables » et appelle « sans réserve à la désescalade ». Il défend aussi les revendications des lycéens, qui doivent selon lui « être entendues ». L’élu dit vouloir les rencontrer « dans les prochains jours ». Le sujet a pris une dimension nationale.
Depuis Madrid, Emmanuel Macron a condamné les violences qui émaillent le mouvement. Il vise les responsables de La France insoumise, qui soutient la contestation : aucun responsable politique ne saurait « légitimer une violence au carré », a-t-il lancé. Jean-Luc Mélenchon a répliqué sur X que les Insoumis appellent « à la non-violence des méthodes de lutte ».
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