La mobilisation lycéenne se poursuit sous haute tension dans toute la France malgré une rencontre avec le ministre de l'Éducation nationale. Les organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, faute de " mesures concrètes " proposées par le ministre Édouard Geffray.
Ce vendredi 2 octobre, à Pau. Après deux jours de manifestations marqués par les violences et les dégradations, ce vendredi, l’heure était à l’apaisement et au retour du dialogue.
À Bordeaux, la préfète, le recteur et la Région recevaient une vingtaine d’élèves élus au Conseil de la vie lycéenne. De l’écoute, et les premières réponsesl y a encore quelques tirs de mortier dans l’air ce vendredi, des manifestations de lycéens, et des files de camions de CRS, mais après la colère tous azimuts exprimée dans la rue ces derniers jours, les explosions de cocktails Molotov, les feux d’établissements et de mobiliers urbains par des casseurs, la fièvre est redescendue d’un cran.
« 735 établissements touchés par le mouvement, c’est 30 % de moins que jeudi », s’est félicité le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. La mobilisation lycéenne se poursuit sous haute tension dans toute la France malgré une rencontre avec le ministre de l’Éducation nationale. Les organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, faute de « mesures concrè...
Blocage des lycées : plus de 500 établissements perturbés, les syndicats appellent à poursuivre le mouvement La mobilisation lycéenne se poursuit sous haute tension dans toute la France malgré une rencontre avec le ministre de l’Éducation nationale. Les organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, faute de « mesures concrètes » proposées par le ministre Édouard Geffray Une fois les casseurs interpellés par les forces de l’ordre – rien qu’en Gironde, 34 fauteurs de troubles, dont un homme transportant 4 litres d’essence en trottinette – et les lycées fermés, la mobilisation est entrée dans sa deuxième phase.
À Paris, dans le bureau du ministre de l’Éducation nationale, comme en région, l’heure est à l’apaisement et au dialogue. Ce vendredi matin, une vingtaine de lycéens élus au Conseil de vie lycéenne étaient reçus au lycée Montesquieu par le recteur, la préfète et la RégionÀ Bordeaux, 21 lycéens élus l’an dernier au conseil de vie lycéenne ont été reçus par la préfète Sophie Brocas, le recteur Jean-Marc Huart, et le vice-président du Conseil régional en charge de l’éducation Jean-Louis Nembrini.
Deux heures et demie de discussions pour écouter leurs revendications.
« Il fut notamment question de moyens, d’effectifs, de manuels scolaires, de pédagogie et de l’état des bâtiments », décrypte le recteur à la sortie de la table ronde. Ce vendredi 2 octobre, à Bordeaux et dans le département, la mobilisation lycéenne s’est effondrée.
Cela n’a pas empêché le mouvement de protestation de perdurer… avant de prochaines grandes mobilisations envisagéesBlocage des lycées : Édouard Geffray annonce un plan d’action pour accélérer le remplacement des professeurs Le ministre de l’Éducation nationale a reçu les organisations lycéennes et promis des mesures d’urgence pour les classes à examen, mais la mobilisation est reconduite La préfète de région Sophie Brocas, le recteur d’académie Jean-Marc Huart, et le vice-président du Conseil régional en charge de l’éducation et des lycées, Jean-Louis Nembrini, ont écouté les lycéens pendant deux heures et demie, se félicitant du retour au dialogue. Au-delà de l’écoute, les jeunes, qui demandaient des « actes », ont obtenu les premières réponses.
« L’urgence, c’est de restaurer les lycées victimes de dégradations », a commencé Jean-Louis Nembrini. D’après les premières estimations, le montant du préjudice est estimé à 1 million d’euros.
« Nous étions pacifiques et notre blocus a dégénéré » : à Bordeaux, 200 lycéens ont manifesté, sans casseurs, devant le rectorat de Bordeaux Face à des forces de l’ordre impassibles, ce vendredi 2 octobre en fin de matinée, une tribune libre de lycéens s’est constituée en pleine rue, à proximité de la mairie de Bordeaux. Policiers, gendarmes et CRS ont fait l’objet, en direct, d’âpres critiques… formulées sans débordementBlocage des lycées : face aux débordements, une réponse pénale « ferme et immédiate » qui cible aussi les parents Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs.
À Bayonne comme à Pau, les mineurs impliqués sont poursuivis, tandis que leurs parents peuvent également être mis en cause Au-delà, la Région s’est engagée à investir dans la résistance des établissements aux canicules : une enveloppe de 10 millions d’euros de travaux sera présentée à la prochaine assemblée plénière pour financer « des filtres UV, des volets, des brasseurs d’air et éventuellement des climatiseurs ». La Région a aussi promis de rouvrir la question des manuels scolaires , pointée dans les doléances des lycéens pour « leur insuffisance en nombre, leur non-actualisation ou leur non-gratuité », en fonction des établissements.
« Un pas a été fait. Nous avons été entendus, mais les blocus vont se poursuivre jusqu’à ce qu’il y ait un réel changement » A l’issue de la réunion, les lycéens, soulagés « d’avoir été écoutés et entendus ». Mais ils entendent poursuivre le mouvement la semaine prochaine, en continuant de se désolidariser des casseursAutres sujets : la santé mentale et l’écoanxiété.
« Le taux de tentatives de suicide record se situe chez les jeunes, le mal-être est réel », souffle Théo, à l’issue de la réunion. « Notre réponse devra être globale », répond le recteur, évoquant aussi « la prégnance de l’écoanxiété », « les inquiétudes sociétales », « les addictions y compris au téléphone ou aux réseaux sociaux » qui traversent la jeunesse.
« Tous les sujets, à l’instar de Parcoursup, n’ont pas pu être abordés », poursuit Jean-Marc Huart, qui a fixé un nouveau rendez-vous aux lycéens la semaine prochaine pour évoquer les autres thématiques, et « apporter des solutions concrètes ». À la faveur de cet échange, le recteur a aussi pris la mesure du travail de pédagogie nécessaire pour promouvoir, auprès des élèves comme auprès des personnels, le rôle des instances de démocratie scolaire habilitées à gérer la plupart des problématiques d’intendance soulevées par les manifestants.
Il en a profité pour glisser un paragraphe plus « politique » sur les moyens : « Les budgets 2026 dédiés à l’Éducation nationale ont augmenté, et ils continueront d’augmenter en 2027 alors que la démographie scolaire est en baisse. Le tout est de concrétiser cet investissement par des actions sensibles », dit Jean-Marc Huart.
Blocage des lycées : face aux débordements, une réponse pénale « ferme et immédiate » qui cible aussi les parents Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs. À Bayonne comme à Pau, les mineurs impliqués sont poursuivis, tandis que leurs parents peuvent également être mis en cause Au niveau national, le ministre Édouard Geffray a annoncé « un plan d’action » pour « accélérer le remplacement des professeurs », notamment dans les classes à examens, première et terminale.
« Il fallait des réponses immédiates », appuie Jean-Louis Nembrini. « Seront-elles à la hauteur de l’exigence des lycéens ? » Sûrement pas. Emma, Maëlle, Amale, Théo, Jules sont catégoriques : « Un pas a été fait.
Nous avons été entendus, mais les blocus vont se poursuivre jusqu’à ce qu’il y ait un réel changement. » Le malaise s’est creusé, disent-ils, dans la façon dont leur mobilisation a été gérée.
« Nous assistons à un mépris de la parole des jeunes depuis le début des manifestations. Ce n’est pas normal qu’on nous réponde par l’envoi de CRS, par des LBD et des gaz lacrymogènes. » Ils l’assurent : « Les lycéens n’ont pas fini de faire entendre leur voix. Rendez-vous mardi.
»Les sujets associésPourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.
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