Face aux blocus des lycéens et aux appels du gouvernement à la responsabilité, les parents d’élèves oscillent entre soutien militant, inquiétude pour la sécurité de leurs enfants et agacement
Ce vendredi, le mouvement des lycées se poursuit sous haute tension, avec 564 établissements perturbés à la mi-journée et quelques incidents. Ici, des poubelles brûlées devant le lycée Le Corbusier, à Aubervilliers.
© Crédit photo : LOU BENOIST / AFPBlocage des lycées : « Je suis derrière eux », « On a peur que la situation se dégrade »… Entre fierté et angoisse, le dilemme des parents d’élèves face à la mobilisation Ce vendredi, le mouvement des lycées se poursuit sous haute tension, avec 564 établissements perturbés à la mi-journée et quelques incidents. Ici, des poubelles brûlées devant le lycée Le Corbusier, à Aubervilliers.
Face aux blocus des lycéens et aux appels du gouvernement à la responsabilité, les parents d’élèves oscillent entre soutien militant, inquiétude pour la sécurité de leurs enfants et agacement Interdire à son enfant de participer au blocus, le soutenir sans réserve ou faire le pied de grue devant son lycée pour s’assurer qu’il ne lui arrive rien :DIRECT. Blocage des lycées : perturbations dans plus de 560 établissements, plus de 400 fermés, les lycéens du Sud-Ouest mobilisés... suivez le fil de la journée Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s’est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, dont Bordeaux et La Rochelle, doit se poursuivre ce vendredi.
Le gouvernement espère l’apaisementarrondissement de Paris, Anya, 53 ans, se hisse sur la pointe des pieds. Son fils est en seconde et elle redoute qu’il soit venu manifester avec ses camarades.
« On lui a interdit de venir. J’espère qu’il n’est pas là, mais il est sorti de la maison, alors… On a peur que la situation se dégrade », avoue cette mère de famille, qui n’ose pas s’approcher davantage en raison d’une poubelle en feu à quelques mètres de là. À ses côtés,. Son fils participe au blocus.
« Moi, je suis derrière eux », assure-t-elle. « Ce qui me fait peur pour eux, c’est la police, c’est tout », poursuit-elle, regrettant que les étudiants du campus de Tolbiac, situé juste derrière, n’aient pas encore rejoint le mouvement. « Bon, ça suffit, maintenant ! Vous arrêtez !
» s’énerve Lan Tan, cinquante-trois ans, en s’adressant à des garçons cagoulés, après l’incendie de la poubelle. Représentante de la Fédération des conseils de parents d’élèves et mère d’une élève de seconde, elle se relaie avec d’autres parents devant le lycée pour « assurer la sécurité des enfants ».
« C’est important de les encadrer, même de loin pour éviter les débordements. Hier, ils ont tiré des mortiers juste devant un groupe, c’était n’importe quoi ! On leur a dit et ils ont compris », se félicite-t-elle, pas du tout intimidée par les grands gaillards devant elle.
Face aux dégradations qui émaillent les blocages d’établissements scolaires, la question de la responsabilité financière des familles se pose À Lyon, la même stratégie a été adoptée par des parents d’élèves du lycée Ampère. Vendredi matin, l’ambiance est plutôt sympathique grâce aux viennoiseries distribuées gratuitement par la boulangerie voisine, mais les parents présents restent vigilants,, et de la réaction de la police.
« On surveille, on circule et on essaye de repérer », explique Arnaud, père d’un élève de première. « Souvent, ça démarre par un petit groupe, et un autre petit groupe arrive et ils s’agrègent », continue le père de famille. « Ces jeunes sont instrumentalisés par LFI, qui vient repérer de futurs militants ou responsables politiques » Noé, dix-huit ans, élève en terminale au lycée des Petits-Champs à Paris, est quant à lui resté chez lui ce matin.
Sa mère, Jade Occhipinti, n’était pas rassurée de le savoir sur un blocus.
« Quand je vois le dispositif mis en place et les réactions de certains policiers, ça n’est vraiment pas rassurant ». Invité sur le site de la chaîne d’information, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a demandé l’aide des parents, estimant que « dans la rue, les enfants sont en danger ».
« Je trouve ça hyper insultant. Ça veut dire que nos enfants n’ont pas de libre arbitre, qu’ils sont manipulés », s’insurge Sébastien Bureau, père de deux enfants scolarisés au lycée Maurice-Ravel, à Paris. Béarn.
Encerclés par les forces de l’ordre dans le centre-ville, les lycéens manifestent dans la plus grande confusion à Pau Les manifestants avaient prévu de rallier les différents lycées en cortège, mais les policiers, positionnés aux abords des établissements, ont contrecarré leur plan « Il faut responsabiliser les parents », estime pour sa part François, soixante ans, qui ne supporte plus les débats incessants sur le groupe WhatsApp de la classe de son fils, qu’il juge « monopolisé par certains parents » favorables aux blocus.
« Ces jeunes sont instrumentalisés par LFI, qui vient repérer de futurs militants ou responsables politiques », ajoute-t-il,. Une accusation qui met Sébastien Bureau en colère.
« On sous-entend que ce mouvement est téléguidé par LFI pour le décrédibiliser, comme si les lycéens étaient incapables de se mobiliser par eux-mêmes et d’exprimer leur colère. » Même son de cloche à Marseille où Gaëlle Cloarec, 53 ans, mère d’un étudiant, est « outrée par le comportement de la police ».
« Ce qu’il faudrait, c’est qu’on réponde aux demandes des enfants. S’ils veulent brûler trois poubelles, on s’en fout », conclut la mère de famille.
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