Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs.
Blocage des lycées : face aux débordements, une réponse pénale « ferme et immédiate » qui cible aussi les parents Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs.
À Bayonne comme à Pau, les mineurs impliqués sont poursuivis, tandis que leurs parents peuvent également être mis en cause Derrière les revendications légitimes, les pancartes et les slogans bon enfant, les scènes de violences se sont multipliées partout en France, suscitant une réaction stricte du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Ce jeudi, le garde des Sceaux a réuni les procureurs généraux lors d’une visioconférence, après avoir participé à une cellule de crise à Matignon, avec pour objectif de relayer aux parquets un message de fermeté face aux débordements dans les manifestations lycéennes.
Le gouvernement a estimé que le mouvement avait basculé vers des « violences urbaines ». DIRECT. Blocage des lycées : perturbations dans 735 établissements, plus de 400 fermés, les lycéens du Sud-Ouest mobilisés... suivez le fil de la journée Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s’est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, dont Bordeaux et La Rochelle, doit se poursuivre ce vendredi.
Le gouvernement espère l’apaisement Dans les Pyrénées-Atlantiques, la situation était particulièrement tendue à Pau ou à Bayonne, avec une quarantaine de mineurs placés en garde à vue sur les deux journées de jeudi et vendredi. Au Pays basque, cinq policiers ont été légèrement blessés. Ils ont reçu des cailloux, des barres de fer, ou essuyé des tirs de mortier d’artifice. Plusieurs véhicules de police ont été caillassés.
Des dégradations ont également été constatées. À Saint-Jean-de-Luz, deux jeunes ont été arrêtés ce vendredi 2 octobre porteurs d’un bidon et d’une bouteille d’essence, d’autres en possession de feux d’artifice, aux abords du lycée Maurice-Ravel. La police a joué « au jeu du chat et de la souris » toute la journée pour éviter les incendies et les débordements.
Selon les observations de policiers sur place, ce n’est qu’une poignée de jeunes, accompagnée de mineurs d’un autre lycée qui sont venus perturber la manifestation. À Pau, la situation a contraint les forces de l’ordre à faire usage de gaz lacrymogènes. Béarn.
Vingt gardes à vue en cours en lien avec les manifestations des lycéens, des enquêtes ouvertes pour soustraction par un parent à ses obligations légales Comme au Pays basque depuis mercredi, la fermeté est de mise en matière de réponse judiciaire aux délits commis en marge des manifestations lycéennesSur le terrain, les grands moyens policiers ont été déployés.
« Certains collègues qui font de l’investigation ont même été appelés en renfort. C’est dire si la situation est complexe », précisait un leader du syndicat de police Un1té 64. Qui dit grands moyens sur le terrain, dit réponse pénale inflexible. C’est en tout cas la politique pénale adoptée par Matignon, qui se traduit aujourd’hui par une grande fermeté des parquets contre les fauteurs de troubles et leurs parents.
Le garde des Sceaux a pris une circulaire ce vendredi, adressée aux procureurs, en appelant à une réponse pénale « ferme et immédiate ».
« C’est ce que nous avons fait spontanément depuis jeudi », confirme la procureure de la République à Bayonne, Mariel Garrigos. « La réponse du parquet est délibérément ferme : les déferrements sont systématiques, y compris s’agissant des primo délinquants, le choix étant fait d’apporter une réponse pénale immédiate chaque fois que possible », a-t-elle expliqué dans un communiqué. Pays basque.
Six interpellations à Saint-Jean-de-Luz : le point sur la mobilisation dans les lycées ce vendredi 2 octobre Au lendemain d’une mobilisation nationale importante, plusieurs lycées du Pays basque restent portes closes. Après un début de matinée calme, des manifestations se sont déclarées à Bayonne et Saint-Jean-de-Luz Parmi les 24 jeunes placés en garde à vue à Bayonne depuis jeudi, trois ont été déférés et trois ont reçu une convocation pour être présentés devant un juge pour enfants.
Quatorze ont fait l’objet d’une composition pénale avec des interdictions de se rendre aux abords des établissements concernés jusqu’au 2 novembre, une obligation de suivre un stage de citoyenneté ou une obligation d’indemniser les victimes. Deux mineurs ont reçu l’obligation d’accomplir un travail non rémunéré au profit de la collectivité.
Leurs parents sont également dans le viseur de la justice, comme l’a demandé Gérald Darmanin, en leur faisant « payer les réparations », aussi bien sur le volet civil que pénal. Dans le Béarn, « des enquêtes pénales sur le fondement du délit de soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité ou l’éducation de son enfant » sont ouvertes « dès que cela apparaîtra justifié », a précisé le procureur de Pau, Rodolphe Jarry.
Depuis la loi du 23 juin 2025, ce délit peut-être puni de 3 ans de prison s’il a amené à une condamnation du mineur.
« On fait ça pour les générations futures ! » Mobilisation des lycéens au Pays basque : un acte III devant le lycée Maurice-Ravel de Saint-Jean-de-Luz Jusqu’à 300 lycéens luziens se sont mobilisés, ce vendredi 2 octobre, devant la cité scolaire Ravel. Les collégiens sont entrés dans l’enceinte sans problème. Le mouvement, toujours en cours, se déroule sous haute surveillance policière À Bayonne, les parents « ont comparu aux côtés de leurs enfants mineurs au tribunal.
Les services de la PJJ ont également été fortement mobilisés », a précisé la procureure de Bayonne ce vendredi soir. Elle a insisté sur « la responsabilité civile des parents », affirmant que « le parquet veillera à ce que les victimes de dégradations ou de violences puissent mettre en cause cette responsabilité et que les parents soient tenus d’indemniser l’intégralité des dommages causés par les agissements délictueux de leur enfant mineur.
» Cette stratégie ne fait toutefois pas l’unanimité, même au sein de la justice. Dans un communiqué, le Syndicat de la magistrature , classé à gauche, a appelé à cesser « de réprimer la jeunesse pour la faire taire », s’insurgeant contre cette politique qui « enjoint les parquets à faire primer le tout répressif ».
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