Le 2 octobre à Pau et dans les régions voisines, des lycéens ont organisé des manifestations marquées par des tensions et des dégradations. Au-delà des troubles, les élèves et leurs représentants, reçus par le maire Jérôme Marbot, ont exprimé leur ras-le-bol face à des emplois du temps chaotiques, des professeurs non remplacés et les dysfonctionnements de la plateforme Parcoursup, soulignant le manque criant de moyens alloués à l'éducation.
Blocage des lycées : « Nous sommes tous concernés par le problème de Parcoursup, les emplois du temps délirants et les professeurs non remplacés » À Pau, la journée du 2 octobre a été celle de fortes tensions, mais aussi de la réception par le maire Jérôme Marbot, de représentants des lycées de Barthou, Saint-John Perse, Saint-Cricq et Baradat.
Publié le 03/10/2026 à 8h00. Au-delà des images fortes de dégradations constatées au Pays basque et en Béarn, et de la réaction sans concession des forces de l’ordre, des lycéens souhaitent faire entendre leur constat : l’Éducation nationale manque cruellement de moyens et ils en sont les premiers à en faire les frais Partout dans les cortèges au Pays basque et en Béarn, hier, il était des voix dans les cortèges lycéens pour regretter l’embuage du message dans les fumées des poubelles brûlés et des lacrymogènes.
Parmi les lycéens, ces porte-parole improvisés avancent pourtant les arguments sensés, qu’ils souhaiteraient faire entendre à l’aune du mouvement né en début de semaine. Un ras-le-bol partagé de cette impression que l’éducation passe trop souvent pour la cinquième roue du carrosse. Parmi les lycéens, ces porte-parole improvisés avancent pourtant les arguments sensés, qu’ils souhaiteraient faire entendre à l’aune du mouvement né en début de semaine.
Un ras-le-bol partagé de cette impression que l’éducation passe trop souvent pour la cinquième roue du carrosse.
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D’autres en revanche, traduisent une inquiétude récurrente depuis huit ans déjà, avec la mise en place de Parcoursup en 2018.
« Même si on n’est pas dans le pire des lycées, on est tous concernés par le problème de Parcoursup, qui nous met en concurrence et nous réduit à des chiffres dans un algorithme », s’énervait Axel, Ioel, Esteban, Ander, Céleste, Claudia et Victoria devant la Cité scolaire Maurice-Ravel de Saint-Jean-de-Luz, hier matin. La plateforme cristallise une bonne partie des crispations des manifestants.
Pas par sa seule existence, mais par un maintien buté de la part des gouvernements successifs, qui donne aux lycéens l’impression désagréable d’être dédaigneusement renvoyés à leurs chères études. Blocage des lycées : face aux débordements, une réponse pénale « ferme et immédiate » qui cible aussi les parents Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs.
À Bayonne comme à Pau, les mineurs impliqués sont poursuivis, tandis que leurs parents peuvent également être mis en cause La marmite bout. Au Pays basque comme en Béarn où, au petit matin, une délégation d’élèves du lycée Jules-Supervielle, à Oloron, a pris le train pour grossir les rangs de la contestation à Pau.
« On a fait blocus mardi, on ne peut pas en faire tous les jours parce que le lycée est trop petit, il n’y a pas assez de monde… » Ceux-là sont attentifs au traitement médiatique du mouvement. « On ne voit quasiment que des poubelles en train de cramer ! Bon, on ne peut pas dire qu’il y ait zéro lycéen qui casse, mais le plus gros vient de gens qui ne sont là que pour détruire.
Comme dans chaque mouvement, il y a toujours des casseurs ; ou dans les stades de foot avec les ultras. » Ces jeunes gens, politisés mais d’obédiences diverses, sont là pour faire entendre leurs revendications : « Le manque de moyens, déjà. Dans notre lycée, l’infirmière n’est jamais là.
Depuis la rentrée, il fait toujours hyper chaud dans les classes, on a beaucoup de profs absents… On se plaint du 8 heures - 18 heures, c’est vrai, mais il faut voir où on se place : on est loin d’être le pays européen avec les meilleurs niveaux scolaires, pourtant on est un de ceux avec le plus d’heures de cours. Ce n’est pas cohérent.
» Peu avant 8 heures du matin, une barricade s’érige dans l’effervescence pour bloquer l’entrée du lycée Barthou. Des jeunes grimpent sur la haute grille du portail pour accrocher des pancartes revendicatives : « On veut le bac, pas la BAC », « La jeunesse gueule l’État roupille » ou encore « On a pris nos profs, laissez-nous un avenir.
»Pour un groupe de filles du lycée Saint-Cricq, le fond même de la mobilisation n’est pas vraiment légitime : « À Saint-Cricq, on n’est pas à plaindre. Dans le 93 et tout, OK, mais là… Ils se plaignent du 8 heures - 18 heures mais à un moment il faut bosser : c’est normal qu’on ait des journées pleines. » Elles approuvent néanmoins ceux qui se mobilisent en solidarité avec les lycées moins favorisés.
Et finissent par lâcher : « Le seul truc qu’on peut reprocher, c’est d’être plus de30 dans les classes, mais le problème est partout pareil ! Ils font ce qu’ils peuvent. On arrive quand même à étudier. » Des enseignants de l’université de Pau étaient présents devant Barthou « à la fois par souci de protection des lycéens et du droit à manifester », précise Stéphanie Dechezelles, membre de la FSU-Snesup.
« La mobilisation des lycéens fait complètement écho à des revendications que nous-mêmes portons depuis de nombreux mois à l’université, face à une politique d’austérité qui entraîne déjà de nombreuses difficultés sur les conditions de travail. » Et d’évoquer notamment « le non-remplacement d’un personnel administratif et technique sur trois, et d’un enseignant sur deux après le départ à la retraite ».
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