Blocage des lycées : à Pau, un chaos alimenté par la stratégie des forces de l’ordre

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Blocage des lycées : à Pau, un chaos alimenté par la stratégie des forces de l’ordre
Béarn, Pyrénées-Atlantiques, Enseignement

Un regroupement de lycéens, une poubelle qui brûle, des gaz lacrymogènes, des scènes de panique, parfois des blessés : le même scénario s’est répété inlassablement vendredi 2 octobre à Pau, où lycéens et forces de l’ordre ont joué au chat et à la...

Plusieurs scènes de panique et mouvements de foule ont eu lieu au cours de la matinée à Pau, à mesure que les forces de l’ordre faisaient reculer les lycéens.

Un regroupement de lycéens, une poubelle qui brûle, des gaz lacrymogènes, des scènes de panique, parfois des blessés : le même scénario s’est répété inlassablement vendredi 2 octobre à Pau, où lycéens et forces de l’ordre ont joué au chat et à la souris Cela commence à devenir une habitude dans les stratégies du maintien de l’ordre depuis les gilets jaunes : plutôt que d’instaurer un dialogue avec les « meneurs » de manifestations , les garants de la sécurité publique préfèrent désormais la méthode coercitive.

Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale... Blocage des lycées : face aux débordements, une réponse pénale « ferme et immédiate » qui cible aussi les parents Face aux violences qui émaillent les manifestations lycéennes, les parquets durcissent leur réponse pénale, conformément à une circulaire du ministère de la Justice adressée aux procureurs.

À Bayonne comme à Pau, les mineurs impliqués sont poursuivis, tandis que leurs parents peuvent également être mis en cause À Pau, ce vendredi 2 octobre 2026, à l’occasion du mouvement de blocage des lycées, la stratégie des forces de l’ordre était très claire : tuer le mouvement dans l’œuf, diviser les attroupements à l’aide de grandes doses de gaz lacrymogènes. Une stratégie efficace, puisque les rangs des contestataires se sont clairsemés au cours de la matinée.

Mais à quel prix ?

« Alors que rien n’avait commencé, on a vu un garçon se faire attraper par des policiers : ils l’ont gazé et lui ont déboîté l’épaule ! » Dès 7 heures, selon plusieurs témoignages concordants, une scène choquante s’est déroulée non loin du lycée Louis-Barthou : « Alors que rien n’avait commencé, on a vu un garçon se faire attraper par des policiers : ils l’ont gazé et lui ont déboîté l’épaule ! », affirme une lycéenne.

Sur les circonstances, elle assure que rien ne permettait de justifier une intervention aussi brutale.

« Il y avait trois camions, ils sont sortis à dix facilement », ajoute-t-elle. Devant ce même lycée, les premières bombes lacrymogènes ont été tirées vers 8 h 40, créant des mouvements de foule chez les jeunes. Selon nos reporters présents sur place, les FDO ont organisé l’encerclement des lycéens au niveau de l’hypercentre de Pau, vers le cours Bosquet. Parfois avec entrain, en témoigne cet échange : « Dès qu’ils passent l’abribus, on leur en remet deux… Feu !

Joli tir ! »Emplois du temps surchargés, insalubrité de certains bâtiments, chaleur dans les classes, manque de moyens… : ce que les lycéens ont dit au maire de Pau À la mi-journée, ce vendredi 2 octobre, un cortège de jeunes manifestants a rallié l’hôtel de ville de Pau, où Jérôme Marbot a accepté de recevoir une petite délégation issue des différents lycées de la région paloise On a aussi assisté à des scènes absurdes, où des lycéens, fuyant les gaz d’un côté, se retrouvent pris sous d’autres tirs de l’autre côté.

Devant cette force organisée, le plus grand chaos a régné.

« Un motard m’a percuté avant de me plaquer au sol », témoigne un jeune homme, qui admet qu’il venait d’envoyer une poubelle dans la direction du pilote. On récolte parfois ce que l’on sème. On ne pourrait pas en dire de même pour cette dame qui, vers 12 h 30, s’est effondrée au sol, inconsciente, après avoir été intoxiquée par des gaz lacrymogènes tirés en grande quantité, au début de l’avenue du Général-de-Gaulle.

« Elle allait très bien. J’étais avec elle 5 minutes avant, elle aidait, comme moi, les jeunes à donner de l’eau et du sérum physiologique à ceux qui avaient pris de la lacrymo. Puis il y a eu de nouveaux tirs. Je l’ai vue disparaître, ensuite je l’ai vue au sol », témoigne Luna.

« J’ai entendu crier : ‘’Aidez la dame ! ’’ Elle était consciente, je lui ai dit de venir avec moi mais j’ai vu qu’elle perdait la tête. Elle a fait de l’hyperventilation avant de tomber. J’ai essayé de la retenir mais sa tête a heurté le sol et je l’ai mise en position latérale de sécurité », complète Etheveallan.

Blocage des lycées : Édouard Geffray annonce un plan d’action pour accélérer le remplacement des professeurs Le ministre de l’Éducation nationale a reçu les organisations lycéennes et promis des mesures d’urgence pour les classes à examen, mais la mobilisation est reconduite La dame a été prise en charge par les pompiers, toujours inconsciente. Pendant ce temps, les policiers ont de nouveau tiré des gaz lacrymogènes à une dizaine de mètres de la victime, en direction d’un groupe de lycéens qui se rapprochait.

Un policier est venu au contact des pompiers pour prévenir : « Des gaz lacrymo vont arriver jusqu’ici. » Certes, la stratégie du chaos n’était pas l’apanage des FDO, ce vendredi : plusieurs actes dangereux ont aussi été relevés de la part de manifestants, plusieurs poubelles ont brûlé en centre-ville. À Billère, des casseurs sont venus en découdre avec les FDO aux abords du lycée Beau-Frêne.

Vers midi, des pompiers venus éteindre une énième poubelle devant le lycée Saint-Cricq s’agaçaient de devoir potentiellement délaisser des secours à personnes. Pour autant, peut-on parler de réponse proportionnée ? N’y a-t-il pas un risque de susciter une colère plus grande encore chez les manifestants face à ces formes de répression ? Réponses, peut-être, dans les prochains jours : de nouveaux blocages sont annoncés dès ce lundi 5 octobre.

« Un dispositif de maintien de l’ordre approprié a été mobilisé, commentait la préfecture vers 22 heures, vendredi 2 octobre. Au plus fort de la journée, plusieurs centaines d’effectifs de police et de gendarmerie étaient présents sur la voie publique pour garantir la sécurité des biens et des personnes.

Deux blessés légers ont été recensés parmi les manifestants La police nationale a dû procéder à 40 interpellations de personnes enfreignant les interdictions de port d’arme ou d’articles pyrotechniques ou commettant des violences ou des dégradations. De nombreuses gardes à vue sont en cours. »Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.

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