Pionnier en France, le premier « Collège Nomade » porté par les Apprentis d’Auteuil ouvrira ses portes le 2 novembre à Lescar.
Enseignant de 29 ans au sein des Apprentis d’Auteuil, Quentin Cassou-Lalanne dirige le premier collège nomade de France, à Lescar © Crédit photo : F. M. Béarn : les Apprentis d’Auteuil lancent un collège « nomade » pour lutter contre le décrochage scolaire Enseignant de 29 ans au sein des Apprentis d’Auteuil, Quentin Cassou-Lalanne dirige le premier collège nomade de France, à Lescar Pionnier en France, le premier « Collège Nomade » porté par les Apprentis d’Auteuil ouvrira ses portes le 2 novembre à Lescar.
Pensé pour les élèves de la 5en rupture scolaire, ce dispositif alternatif casse les codes de la classe traditionnelle en associant matinées sur le terrain et suivi pédagogique sur mesure l’après-midi Un collège sans murs. Tel est le projet audacieux porté par le collège Sainte-Bernadette, établissement palois de la fondation Apprentis d’Auteuil, avec le lancement le 2 novembre à Lescar du premier « Collège Nomade » de France.
Ce dispositif s’adresse aux élèves de la 5 Deux nouveaux enseignants-chercheurs de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour nommés à l’Institut universitaire... Deux nouveaux enseignants-chercheurs de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour nommés à l’Institut universitaire de France À compter du 1er octobre, et pour une durée de cinq ans, Joana Falxa et Charles Édouard Bréhier héritent chacun d’une chaire fondamentale : en droit pénal et sciences criminelles pour la première, en mathématiques appliquées pour le second Les jeunes peuvent y être accueillis pour des modules souples, allant d’un minimum de six semaines à plusieurs années, ou encore venir y refaire une année de 3afin d’amorcer une nouvelle orientation choisie.
« L’esprit de nomade, c’est apprendre autrement, grandir autrement », résume Quentin Cassou-Lalanne, palois de 29 ans, enseignant au collège Sainte-Bernadette et futur directeur de la structure. L’initiative répond à un défi sociétal majeur. Chaque année en France, le constat est alarmant avec environ 76 000 à 110 000 jeunes qui quittent le système éducatif sans diplôme ni qualification professionnelle. Au-delà du coût humain et social, cette réalité représente une charge économique considérable.
Selon les données de l’OCDE, de la Cour des comptes et de France Stratégie, un jeune qui sort de l’école sans qualification coûte en moyenne 230 000 euros à la collectivité tout au long de sa vie adulte, en cumulant prestations sociales et manque à gagner fiscal. À l’échelle nationale, l’accumulation des cohortes de décrocheurs représente une facture annuelle estimée entre 15 et 30 milliards d’euros, soit près de 1 % du PIB français.
Pour enrayer ce phénomène et remobiliser ces profils fragiles, le collège nomade choisit de faire sauter les verrous de la classe classique.
« L’idée, c’est de répondre à la question que plein d’enseignants ont déjà rencontrée dans leur classe : ça va me servir à quoi ? », souligne Quentin Cassou-Lalanne. Si ce collège hors les murs veut casser les codes inadaptés à ces élèves, Quentin Cassou-Lalanne insiste sur le fait qu’il conserve le même programme que l’Éducation nationale.
« Mais l’objectif c’est de le faire de manière différente et d’aller à l’extérieur, chez des structures partenaires. Ça peut être des entreprises, des associations, des lieux culturels, des lieux sportifs, etc. Mais, à la fin, ils doivent obtenir le brevet des collèges ». Le rectorat indique toutefois ne pas être informé de cette expérimentation. Le quartier général de l’établissement illustre cette rupture.
Installé derrière Quartier Libre à Lescar au sein du complexe commercial Big City à Lescar, le local de 90 m² se compose d’un espace ouvert de 50 m² équipé de canapés confortables, d’une petite cuisine et d’outils numériques.
« On aurait pu s’installer dans un bâtiment classique avec une salle de classe, des chaises et des tables. Nous ce qu’on veut, c’est vraiment déconstruire ça. On pense que l’autonomie, la confiance en soi vont se développer et que le travail sera plus productif », détaille le directeur. L’emploi du temps s’articule en deux phases complémentaires.
Chaque matin, les élèves investissent les structures partenaires. Trois niveaux de partenariat sont proposés aux acteurs économiques et associatifs locaux. D’une simple visite d’observation articulée autour de défis pédagogiques concoctés par l’équipe à la mise à disposition d’un tuteur en entreprise et jusqu’à la co-construction de projets concrets directement utiles à la structure .
« Le collège nomade sans partenaires n’existe pas », martèle Quentin Cassou-Lalanne, lançant un appel au tissu local aux côtés des grands soutiens de la fondation comme Téréga, Total Énergies ou la Société Générale. Les après-midis sont consacrées au travail individuel au sein du QG. Chaque élève s’organise en autonomie à l’aide d’une tablette et de l’application éducative intelligente Elliot.
« Si l’élève ne veut faire que des maths ou du français, il peut ». Encadré par un enseignant spécialisé du second degré et un éducateur, le collégien gère son propre planning de la semaine, tout en s’assurant de valider chaque semaine le socle de compétences exigé pour le brevet des collèges.
Destiné à accueillir une douzaine d’élèves à son démarrage pour monter à vingt jeunes en année de rodage, ce projet d’innovation pédagogique ambitionne, une fois son modèle éprouvé en Béarn, d’essaimer dans l’ensemble de la région Sud-Ouest puis sur tout le territoire national. Pourtant, comme les abonnements, ils permettent de soutenir le travail des 250 journalistes de notre rédaction qui s'engagent à vous proposer chaque jour une information de qualité, fiable et complète.
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