Face à la flambée des prix du carburant, les aides à domicile du Lot, comme Isabelle, peinent à joindre les deux bouts. Avec un salaire au SMIC et des trajets de 1 000 km par mois, elles consacrent jusqu'à 200 € à...
"Avant, je mettais pour 80 € de carburant, aujourd'hui ça tourne entre 150 et 200 €, ça a doublé" : payées au SMIC, les aides à domicile peinent à joindre les deux bouts à la fin du moisAvec le prix du carburant qui atteint des sommets, difficile pour certains métiers de finir les fins de mois correctement quand ils sont payés au smic.
Face à la flambée des prix du carburant, les aides à domicile du Lot, comme Isabelle, peinent à joindre les deux bouts. Avec un salaire au SMIC et des trajets de 1 000 km par mois, elles consacrent jusqu'à 200 € à l'essence. La situation pousse certaines à envisager la démission, faute de solutions viables.
"On arrive à un moment où certaines payent pour aller travailler", souffle Danielle Prévautel, élue CGT des aides à domicile. Il faut dire que les prix du carburant atteignent des sommets en ce moment, et personne n'est épargné. Alors que certaines stations-service plafonnent le tarif à 2,25 € le litre, d'autres affichent des tarifs grimpant jusqu'à 2,30 €, voire 2,40 €. Et quand son véhicule est indispensable pour travailler, les comptes ne sont pas bons.
Isabelle est aide à domicile dans le Lot. À 63 ans, cela fait cinq ans qu'elle est salariée chez Lot Aide à Domicile et elle touche le smic, soit presque 1 500 € par mois.
"Je fais environ 1 000 km par mois pour rendre visite aux bénéficiaires avec ma voiture personnelle", raconte-t-elle. Mais en exerçant son métier, elle n'utilise pas l'autoroute, uniquement des petites chaussées départementales et consomme donc plus de carburant. Elle tente bien de privilégier les stations les moins chères, mais la démarche est partagée par de nombreux automobilistes :"Ça crée une source de stress supplémentaire, parce qu'il y a la queue.
On y va sur notre temps de repos, donc cela nous rajoute une amplitude horaire".
"Avant, je mettais pour 80 € de carburant, aujourd'hui ça tourne entre 150 et 200 €, ça a doublé". Dans cette entreprise, il y a deux moyens pour se déplacer : soit les aides à domicile utilisent une voiture mise à disposition par la société, dans ce cas-là, elles payent une redevance et sont remboursées 0,17 € du km, soit elles utilisent leur propre moyen de locomotion et bénéficient de 0,43 € de remise par km.
"Depuis trois mois, on nous a octroyé un plus de 0,03 €, mais ce n'est pas suffisant", confie Isabelle. "J'entends de plus en plus de discours comme : il vaut mieux rester à la maison plutôt que d'aller travailler". Il faut dire qu'en faisant les calculs, en enlevant les frais d'essence, le loyer à payer et les différentes charges, le porte-monnaie est rapidement vide.
"Ça veut dire moins de sorties, et moins de loisirs, c'est vraiment compliqué pour plusieurs de mes collègues". Elle poursuit :"C'est dommage d'en arriver là, même si on aime notre métier, certaines ne voient pas d'autres solutions que de démissionner et de travailler dans des structures comme l'Ehpad, parce qu'elles n'ont qu'à déposer leurs voitures le matin et rentrer chez elles le soir".
Il y a un effet boule de neige à cette décision : moins de salariés, donc plus de bénéficiaires pour chaque aide à domicile et ainsi plus de trajets. De plus, le Lot est un département vieillissant :"Il y a de plus en plus de personnes âgées, mais de moins en moins d'aides à domicile. Le métier n'est pas attractif", affirme Danielle Prévautel. La direction mesure les contraintes budgétaires pesant sur son personnel.
"Nous allons avoir les négociations annuelles obligatoires, mais malheureusement, on ne peut pas aller très loin pour les aider. Sur la partie financière, c'est très compliqué, il y a plus de 600 aides à domicile", explique le président de Lot Aide à Domicile, Marc Gastal.
"À notre niveau, on va travailler sur la planification pour optimiser leurs sorties", conclut-il.
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