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« Aujourd'hui, plus personne ne respecte rien »: d'André Darrigade à Tim Merlier, la caste des sprinteurs du Tour de France a sacrément changé

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« Aujourd'hui, plus personne ne respecte rien »: d'André Darrigade à Tim Merlier, la caste des sprinteurs du Tour de France a sacrément changé
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À l'honneur à Bordeaux vendredi, un lieu emblématique des arrivées massives, et sans doute ce samedi à Bergerac, les hommes les plus rapides du peloton perpétuent une tradition qui, au fil des années, a beaucoup évolué.

« Aujourd'hui, plus personne ne respecte rien » : d'André Darrigade à Tim Merlier, la caste des sprinteurs du Tour de France a sacrément changé À l'honneur à Bordeaux vendredi, un lieu emblématique des arrivées massives, et sans doute ce samedi à Bergerac, les hommes les plus rapides du peloton perpétuent une tradition qui, au fil des années, a beaucoup évolué.

André Darrigade, Mario Cipollini et Tim Merlier , trois sprinteurs et trois époques différentes. « Aujourd'hui, plus personne ne respecte rien » : d'André Darrigade à Tim Merlier, la caste des sprinteurs du Tour de France a sacrément changé À l'honneur à Bordeaux vendredi, un lieu emblématique des arrivées massives, et sans doute ce samedi à Bergerac, les hommes les plus rapides du peloton perpétuent une tradition qui, au fil des années, a beaucoup évolué.

, à André Darrigade, qui glana enfin son « étape des Landes » en 1964, sa 22e et dernière victoire sur le Tour, le concours du plus rapide a bien changé. Il y a quelques années, le plus grand sprinteur français racontait comment il avait intégré le vélodrome de Lescure, où se tenait alors l'arrivée, en 25e position, puis était remonté comme une anguille jusqu'à coiffer Barry Hoban au prix d'un gros effort solitaire.

Vendredi, le Belge a d'abord remercié son équipe et il ne s'agit pas seulement d'une politesse, cela raconte plutôt une évolution drastique de la façon de sprinter entre ces deux époques.rembobine Jacques Esclassan , cinq victoires sur le Tour entre 1975 et 1978, dont une à Bordeaux, en 1977. Le matériel, la route, avec des giratoires et des obstacles, et même les commissaires qui déclassent tous les coureurs qui ne tiennent pas leur ligne.

Ça me met en colère parce que dans les 500 derniers mètres, sur la route, ce n'est pas possible pour un coureur de garder sa ligne. » « Dans les équipes, il y avait généralement un leader et un sprinteur et la priorité était donnée au leader, donc le sprinteur devait se débrouiller seul dans les 80 derniers kilomètres »« à une époque où le sprinteur se débrouillait seul.

Il fallait être dans la bonne roue de l'adversaire, que celui-ci attaque au bon moment. Dans les équipes, il y avait généralement un leader et un sprinteur et la priorité était donnée au leader, donc le sprinteur devait se débrouiller seul dans les 80 derniers kilomètres. On essayait de chercher son principal adversaire et d'en être le plus proche possible. C'était tellement important pour nous, j'ai mis deux Tours de France avant de réussir à gagner dans le troisième.

Le temps de comprendre qu'il fallait qu'un équipier puisse m'aider dans le dernier kilomètre. Et un coureur comme Guy Sibille m'a permis de remporter une ou deux étapes en m'amenant un sprint de manière parfaite. »Chacun s'y est mis dans les années 1980, avant une petite révolution à l'approche des années 1990. Fini le simple équipier qui emmène, place au train autour d'un homme qui finit sa carrière avec 160 victoires : Mario Cipollini.

« Je venais des amateurs où je gagnais mes sprints seul, c'était facile, et j'arrive en pro où je pensais faire pareil,Mon truc, c'était de regarder le plan d'arrivée. Je me disais : là, il faut que je sois placé 4e, là, au rond-point, 2e, et là je sors, tac, tac, tac. Je respectais mon plan sans faire gaffe à qui faisait quoi.

Et sur mon premier Paris-NiceL'Italien à la gueule d'acteur invente un concept : lui en patron du sprint et toute son équipe à son service, jusqu'à la « garde rouge » de Saeco,Il y avait l'équipe de Cipollini, les italiennes ou belges qui faisaient leur job, mais pas toutes les équipes super structurées comme maintenant, qui ont toutes exactement le même briefing le matin - aux 5 bornes, toi, tu fais ça, à la borne, c'est toi, aux 600, c'est toi, et toi, tu vas jusqu'aux 300, et si tu peux aller jusqu'aux 200, c'est mieux. Sauf qu'une fois sur le terrain, ça ne passe pas, donc c'est brouillon.

»Entre aujourd'hui, où il est quasiment impossible d'exister sans train - Biniam Girmay , par exemple, se félicitait avant le Tour d'avoir-, et les années 1990, le lancement des trains s'est fait progressivement. qui arrivait sur le Tour avec une équipe dont la seule mission était de le déposer à 200 m de la ligne » , se souvient Oscar Freire.

L'Espagnol , maillot vert en 2008 et lauréat de quatre étapes, avait aussi bénéficié d'une certaine protection lors de ses années chez Mapei, avant de rejoindre Rabobank, à 26 ans.

« Or, tout le monde s'était rendu compte que la clé était ce dernier kilomètre, davantage que la puissance même des sprinteurs,Même quand un coureur gagnait cinq ou six étapes sur un grand Tour, 90 % du mérite en revenait à son équipe. Le processus était souvent plus important que le sprint, un rival avec deux ou trois équipiers avait toujours l'avantage sur moi, même si j'étais plus fort.

»« On a des trains qui amènent le peloton à une vitesse folle, personne ne peut passer et quand les coureurs sont bien amenés, ça leur facilite les choses. »« J'essayais de me placer derrière la première équipe, ce que je ferais maintenant si j'étais sprinteur.

Ou alors, j'essayais de faire péter les équipiers de mes rivaux plus tôt, par exemple en disant à Chris Boardmancar c'était sa spécialité, de faire le kilomètre : ça foutait le bordel et là, je prenais ma place. » Mais toujours avec respect, promet-il, défenseur d'une sorte de code moral du sprinteur que certains, comme Djamolidine Abdoujaparov , ne suivaient pas toujours.

Frédéric Moncassin, vainqueur de deux étapes sur le Tour de Francerouspète Oscar Freire. Qui pointe une autre différence entre les sprinteurs actuels et ceux de sa génération, qui étaient d'immenses stars : « Cipollini arrivait avant l'étape, traînait avec les gens, faisait le spectacle... Aujourd'hui, c'est très professionnel, tous les cyclistes font la même chose de la première à la dernière minute, la tension est partout, du réveil au coucher, il n'y a pas la place pour faire des folies.

»« Cipollini nous disait :"Le sprinteur qui me battra n'est pas encore né", il était tellement sûr de lui. Et ça m'énervait, car je n'arrivais pas à le battre ! ,Par contre, j'admirais le fait que c'était une vraie star, la classe, un mec qui attirait les foules. Les journées de repos, on était en survêt', comme des pégassesdes touristes, pour nos transferts en train ou avion, et l'autre, en costard, la cravate, le petit chapeau.

Mais c'était bien de faire ça. Depuis, il y a euSagan parmi les sprinteurs, mais aujourd'hui, je vois simplement des mecs qui ont peut-être un gros palmarès, pas des stars. Les stars, ce sont Van der Poel, Pogacar. Eux, ils ont tout.

»C'est devant le car du Slovène que le dernier vainqueur français à Bordeaux, il y a 30 ans maintenant, s'est posé en famille au départ de Lannemezan, mercredi. Les sprinteurs, qui ont souvent moins d'occasions de lever les bras que les coureurs du général, il les a regardés de loin. En se disant, comme André Darrigade, Jacques Esclassan ou Oscar Freire, que tout ça a bien changé depuis son époque.

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