Au sortir d’une soirée de Sainte-Barbe à Mauvezin (Gers), un ancien pompier volontaire a été contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 1,40 gramme par litre de sang et poursuivi pour refus d’obtempérer. Devant le tribunal...
Après un repas de Sainte-Barbe, un ancien pompier contrôlé avec 1,40 g d’alcool : accusé d’avoir refusé d’obtempérer, il conteste le récit des gendarmesAu sortir d’une soirée de Sainte-Barbe à Mauvezin , un ancien pompier volontaire a été contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 1,40 gramme par litre de sang et poursuivi pour refus d’obtempérer.
Devant le tribunal d’Auch, le prévenu a multiplié les excuses, la voix parfois tremblante, tout en contestant finalement l’essentiel : avoir voulu échapper aux gendarmes comme la validité du taux d’alcoolémie retenu. Ce soir-là, il célébrait la Sainte-Barbe au centre de secours de Mauvezin, dans le Gers. Quelques heures plus tard, cet ancien pompier volontaire, également ancien élu, est contrôlé par les gendarmes. Dans la nuit du 8 février 2026, il aurait pris le volant alcoolisé et refusé d’obtempérer.
Un comportement qui l’a conduit devant le tribunal correctionnel d’Auch en début de semaine. La présidente rembobine le fil de cette nuit.
"Entre minuit et 3 heures, plusieurs contrôles routiers sont organisés et les gendarmes sont visibles sur les différents points. Vers 1 h 15, une voiture se présente à l’un d’eux à Mauvezin. Les militaires actionnent leurs lampes. Mais le véhicule ralentit, entre dans un parking et ressort par une autre sortie avant d'accélérer", retrace la magistrate.
Les gendarmes disent alors crier"Halte gendarmerie", relèvent la plaque et se lancent derrière la voiture, gyrophares allumés. Pendant près d’un kilomètre, les militaires constatent que le véhicule a du mal à tenir sa trajectoire. Lorsqu’il finit par s’arrêter, ils reconnaissent le conducteur et indiquent qu'il sent l’alcool. L’homme leur explique qu’il vient de passer la soirée à la Sainte-Barbe du centre de secours de Mauvezin.
Il porte encore sa tenue de pompier. Le dépistage est positif. L’alcoolémie retenue s’élève à envrion 1,40 gramme par litre de sang. Le contrôle ne se serait pas déroulé sans difficulté.
Toujours en reprenant les constatations des gendarmes, la présidente indique que le conducteur n’a pas immédiatement présenté son permis. Il aurait fallu"parlementer" avec lui avant qu’il ne remette le document, une trentaine de minutes plus tard. Les militaires décrivent également un comportement désagréable et disent avoir dû le prévenir qu’il serait placé en garde à vue s’il ne se calmait pas.
Course-poursuite dans le Gers : alcoolisé et sans permis, il tente d'échapper aux gendarmes sur 26 km Face à ce récit, le prévenu adopte une attitude ambivalente et oscille entre excuses et contestation. La voix tremblante, il commence par reconnaître une part de responsabilité.
"Je voudrais m’excuser de mon comportement. Après 27 ans de pompier, je sais que j'ai pris des risques, c’est de ma faute.
" Puis vient rapidement la nuance. "Je ne pense pas avoir été désagréable avec les gendarmes. Ici, on se connaît tous.
" Surtout, l’homme nie avoir voulu échapper au contrôle. "Je n’ai pas vu les gendarmes. J'ai seulement pris le chemin pour rentrer chez moi. C’est après, quand j’ai vu les gyrophares, que je me suis arrêté.
" Quant à son état ce soir-là, il assure que s’il s’était senti incapable de conduire, il n’aurait pas pris le risque de repartir. Sa défense va plus loin et conteste les deux principaux éléments du dossier. Sur le refus d’obtempérer, Me Sébastien Dufour, avocat au barreau de Paris, soutient que son client a tourné avant le point de contrôle et qu’il n’est pas démontré qu’il ait pu voir ou entendre les injonctions des militaires.
Le conseil attaque également le taux d’alcool retenu en soulevant une nullité. Dans son viseur, le Dräger Alcotest 7110 FP, utilisé cette nuit-là par les gendarmes pour établir le taux. Un appareil dont il conteste la fiabilité juridique.
"Il va fêter ses 20 ans ce truc-là, n'est plus homologable et trimballé de gauche à droite dans des estafettes", lance-t-il, avant d’estimer que"les constatations faites avec ce type de matériel sont dénuées de bases légales". Le parquet lui oppose une maintenance de l’appareil effectuée en novembre 2025.
"On ne peut pas remettre en cause des appareils vérifiés", réplique le procureur. Course-poursuite hallucinante à Auch : sans permis ni assurance, il tente de semer les policiers à contresens en plein secteur commercial Pour le ministère public, le parcours du prévenu donne surtout une résonance particulière à l'affaire.
"Quand c’est un pompier, qui a ramassé des corps sur la route, appelé sur des centaines d’accidents graves, on attend encore plus d'esprit de responsabilité. " Depuis la suspension de son permis, le prévenu, qui travaillait dans le BTP, explique avoir perdu son emploi. Le parquet requiert 2 000 euros d’amende, dont 1 500 avec sursis, un stage de sensibilisation à la sécurité routière et dix mois de suspension du permis.
Le jugement a été mis en délibéré au 13 octobre. Pour accéder de nouveau à cet article
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