À 40 ans, un vieillissement biologique trop rapide pourrait annoncer davantage de trous de mémoire dix ans plus tard, selon une étude.
Les chercheurs ont surtout observé un lien avec la mémoire "prospective" : celle qui nous permet de ne pas oublier ce que nous avions prévu de faire.
Une piste intéressante, mais qui ne permet ni de prédire la maladie d’Alzheimer ni de savoir, à l’échelle individuelle, comment vieillira notre cerveau. Et si le problème n’était pas l’âge, mais la vitesse à laquelle on vieillit ?
À 45 ans, oublier de prendre un médicament ou réaliser soudain que l’on a laissé un rendez-vous passer peut faire naître une inquiétude tenace : est-ce simplement la fatigue, une vie trop chargée… ou le signe que quelque chose change dans le cerveau ? Une équipe de la Pennsylvania State University s’est intéressée à cette question en suivant des adultes pendant une dizaine d’années.
Son étude, publiée en septembre 2026 dans The Journals of Gerontology: Series A, porte sur 232 participants issus de la vaste étude américaine MIDUS. Les chercheurs ne se sont pas contentés de mesurer leur âge biologique. Ils ont surtout cherché à déterminer à quelle vitesse leur organisme semblait vieillir. Pour cela, ils ont analysé des prélèvements sanguins réalisés entre 2004 et 2009 à l’aide de trois mesures du vieillissement épigénétique.
Parmi elles, DunedinPACE, une 'horloge' fondée sur des modifications chimiques de l’ADN, estime la vitesse à laquelle une personne vieillit biologiquement. David M. Almeida, auteur principal de l’étude, résume la différence avec une image parlante : "Le vieillissement biologique signifie concrètement que votre organisme paraît plus âgé que votre date de naissance ne le suggère. On le constate grâce aux modifications chimiques de notre ADN, qui constituent une sorte de registre moléculaire du vieillissement de l'organisme.
Nombre de ces tests sont comparables au compteur kilométrique d'une voiture : ils indiquent votre âge et l'ampleur des changements liés au vieillissement. Dans cette étude, la mesure la plus pertinente s'est avérée être un indicateur de la vitesse du vieillissement à la quarantaine et à la cinquantaine". Et c’est précisément cette vitesse qui semble avoir compté.
Le signal apparaît surtout entre 40 et 49 ans Une dizaine d’années après les prélèvements sanguins, entre 2017 et 2019, les participants ont été interrogés à huit reprises par téléphone sur leurs oublis du quotidien. Les chercheurs distinguaient deux formes de défaillances de mémoire. En moyenne, les participants rapportaient environ deux oublis prospectifs par semaine et des oublis rétrospectifs un peu moins d’un jour sur deux.
Or, les résultats montrent une différence importante : les mesures correspondant à"l’âge" biologique n’étaient pas associées aux oublis. En revanche, chez les personnes dont le vieillissement biologique était plus rapide, le risque de connaître un oubli prospectif était supérieur de 18 % un jour donné. À l’échelle d’un mois, cela représente environ cinq jours supplémentaires avec un oubli.
Le phénomène était particulièrement visible chez les participants âgés de 40 à 49 ans, ce qui fait émerger ce que les chercheurs décrivent comme une possible période de vulnérabilité au milieu de la vie. Une période qui n’a rien d’anodin.
"À la quarantaine, les gens ont beaucoup de responsabilités : au travail, dans leur vie sociale, avec leurs enfants et leurs parents. Le vieillissement rapide survenant à cette période de la vie pourrait avoir un lien spécifique avec des problèmes de mémoire ultérieurs", rappelle David M. Almeida. Un oubli de médicament n’a pas le même poids qu’une paire de clés Cette distinction entre les différents oublis est essentielle. Chercher ses clés pendant dix minutes est agaçant.
Oublier régulièrement un traitement ou un rendez-vous médical peut, lui, avoir des conséquences concrètes sur la santé. Les chercheurs soulignent également que les oublis prospectifs fréquents ont été associés, dans des travaux antérieurs menés par d’autres équipes de Penn State, à un risque ultérieur plus important de certaines démences, notamment la maladie d’Alzheimer. Cela ne signifie toutefois pas que les participants de cette étude développeront une démence.
L’étude montre une association entre la vitesse du vieillissement biologique et certains oublis, pas une relation de cause à effet. DunedinPACE reste par ailleurs principalement un outil de recherche. L’échantillon est relativement restreint et les troubles de mémoire ont été déclarés par les participants eux-mêmes. De nombreux facteurs peuvent également influencer la mémoire au milieu de la vie, du sommeil aux problèmes circulatoires, en passant par le stress ou certaines difficultés de santé.
Pour David M. Almeida, l’enjeu est donc moins de s’alarmer au premier oubli que de ne pas attendre pour en parler lorsqu’un changement devient inhabituel ou gênant : "N’hésitez pas à parler à votre médecin des changements de mémoire que vous pourriez rencontrer à la quarantaine ou à la cinquantaine ; cela pourrait constituer un système d’alerte précoce". Car à 40 ou 45 ans, un trou de mémoire isolé n’est pas nécessairement inquiétant.
En revanche, lorsque les oublis deviennent fréquents, interfèrent avec le quotidien ou semblent s’installer, ils méritent d’être évoqués. Et c’est peut-être là le message le plus intéressant de cette étude : la santé cognitive ne commence pas à se surveiller à un âge avancé. Le milieu de la vie pourrait constituer une période où certains changements sont déjà perceptibles — et où il est encore possible d’agir sur de nombreux facteurs susceptibles de préserver durablement la qualité de vie. Sources Partager sur :
Étude Mémoire News Vieillissement
France Dernières Nouvelles, France Actualités
Similar News: Vous pouvez également lire des articles d'actualité similaires à celui-ci que nous avons collectés auprès d'autres sources d'information.
Disparu d'un Ehpad en Gironde, le grand-père atteint d'Alzheimer a été retrouvé décédéPresque 10 jours après sa disparition, le grand-père atteint d'Alzheimer a été retrouvé décédé ce mercredi 30 septembre 2026 à Mérignac. Un grand élan de solidarité s'était formé.
Lire la suite »
Saint-Gaudens. Portes ouvertes au Centre d’accueil de jour AlzheimerLundi dernier le Centre d’Accueil de Jour Alzheimer 'CAJA' de Valentine a ouvert ses portes. Géré par le SICASMIR, le pôle Alzheimer offre un accompagnement complet aux patients et à leurs proches aidants sur un...
Lire la suite »
Voici quatre maladies souvent confondues avec AlzheimerPlusieurs maladies peuvent être confondues avec Alzheimer. Parkinson, la maladie À cœur de Lewis... Voici les symptômes à reconnaître
Lire la suite »
Parkinson et Alzheimer : deux professeurs condamnés pour avoir testé des patchs illégaux sur 400 cobayesLes professeurs montpelliérains Jean-Bernard Fourtillan et Henri Joyeux ont été condamnés à Paris à de la prison ferme pour avoir testé des patchs illégaux sur 400 cobayes.
Lire la suite »
