Une alimentation saine peut améliorer la qualité de vie des patientes atteintes de cancer du sein et réduire le risque d'obésité.
En France, 5,4% des cancers sont dus à une alimentation déséquilibrée . Un lien étroit entre le contenu de notre assiette et le risque de survenu de cancer qui n'est plus à prouver.
Mais en ce mois dédié à la sensibilisation et à la prévention du cancer du sein, quel rôle ont à jouer justement les aliments "sains" ? Pauline Oustric, chercheuse en nutrition comportementale au sein du département Cancer du Centre Léon Bérard, nous aiguille. Cancer du sein : l'importance d'une alimentation saine Depuis plusieurs années, les liens entre l’alimentation et le cancer suscitent un intérêt croissant.
Mais le sujet reste complexe et toutes les données ne vont pas dans le même sens.
"Chaque cancer étant différent, il est difficile de mesurer avec précision l’impact de l’alimentation sur le risque de récidive", indique Pauline Oustric, chercheuse en nutrition comportementale au sein du département Cancer du Centre Léon Bérard. En 2012, l’Institut national du cancer a montré qu’une alimentation riche en végétaux "pouvait être bénéfique pendant et après le cancer, en aidant notamment à limiter le risque de récidives".
Mais concernant le cancer du sein, les résultats obtenus se révèlent un peu plus nuancés.
"En 2022, les travaux menés n’ont pas montré un niveau de preuve convaincant", précise-t-elle. En revanche, manger sain a un impact certain sur la qualité de vie des patients et influence significativement le risque d’obésité - facteur de risque établi de cancer du sein. Autrement dit, même si l’alimentation ne constitue pas à elle seule une solution miracle, elle demeure un levier important pour améliorer le bien-être et l’état de santé général des patients.
Au quotidien, quels aliments sont à privilégier ? Et ceux à limiter ? Malgré tout, l’INCa et le Réseau National Alimentation Cancer Recherche encouragent chaque patient à adopter une alimentation équilibrée et riche en végétaux - composée de céréales complètes, légumineuses, fruits et légumes variés. L'idée est bien d'vaoir une approche globale.
"Aucun aliment en tant que tel n’est"anti-cancer". Il faut raisonner en termes de globalité", rappelle Pauline Oustric. À l’inverse, certains aliments sont à limiter, voire à éviter : "Ces aliments augmentent le risque de cancer, tout comme le sel en excès. À l’inverse, une alimentation équilibrée et riche en fibres diminue les risques, notamment en favorisant la satiété et le bon fonctionnement digestif", précise-t-elle.
L’idée n’est donc pas de bannir un aliment, mais de trouver un certain équilibre.
"La solution miracle n’existe pas. Ce n’est pas un seul aliment ou un seul comportement qui fait la différence, mais un mode de vie dans son ensemble", insiste la chercheuse. Comment améliorer globalement ses habitudes alimentaires ? Changer complètement ses habitudes alimentaires après un cancer est difficile… mais pas impossible !
Pour tenter de mieux contrôler ses envies alimentaires , Pauline Oustric s’appuie sur le modèle COM-B , un modèle anglais issu de la recherche comportementale.
"Un comportement, c’est tout ce qui s’observe. Et il se décortique assez facilement : a-t-on les connaissances nutritionnelles pour bien manger ? Et les compétences ? Ensuite, vient l’opportunité : a-t-on accès a une alimentation équilibrée ?
Quid du conjoint aidant ? Il va sans dire en effet que l’influence des proches est importante.
Enfin, la motivation joue un rôle clé : bien manger doit avant tout être source de plaisir, pour que cette détermination à changer le contenu de son assiette ne soit pas vécue comme une contrainte". Ensuite, une fois que le frein principal a été identifié , des leviers d'action peuvent être activés.
L'importance du duo patient-aidant Une personne touchée par un cancer du sein ne peut manger sainement sur la durée… si ses proches ne sont pas soutenants.
"C’est la raison pour laquelle au Centre Léon Bérard, nous avons développé le projet ALDEBARAN, un programme basé sur le duo patient-aidant", explique Pauline Oustric. "L’idée est de créer des pistes concrètes d’action à partir des besoins exprimés par les patients. Manger sainement est beaucoup plus facile lorsque l’on est entouré de proches qui partagent les mêmes objectifs".
Créée sur les théories du changement de comportement, cette intervention comparera l’efficacité d’une prise en charge nutritionnelle incluant les proches aidants à celle d’une approche classique centrée uniquement sur la patiente.
"L’objectif est double : améliorer les habitudes alimentaires et l’activité physique des patientes, et promouvoir parallèlement un mode de vie plus sain pour leurs proches" explique Pauline Oustric. C’est la première fois qu’un projet de prévention nutritionnelle inclut le patient et son aidant. Informer les aidants des bonnes pratiques nutritionnelles est donc primordial.
"Le fait de les sensibiliser et de les impliquer a un impact réel sur la maladie et sur l'état de santé global du patient". Enfin, au-delà des comportements individuels, la chercheuse souligne l’importance de l’environnement alimentaire.
"Modifier nos habitudes passe aussi par une transformation du cadre de vie. Certes, on ne peut effacer du paysage les publicités et commerces commercialisant de la malbouffe, mais changer son regard - et celui des proches aidants - peut devenir un puissant levier de changement". Diapo : Octobre Rose : 18 produits de beauté en faveur du mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein Sources Partager sur :
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